L’IA et l’incertitude financière alimentent une nouvelle tendance sur le marché du travail

La Gen Z est de plus en plus nombreuse à opter pour une « portfolio career » : un parcours professionnel qui combine un emploi salarié avec une activité indépendante, du freelancing ou d’autres sources de revenus. La techno -l’IA en particulier- n’y est pas étrangère.

La recherche de sécurité financière, la flexibilité et l’essor de l’intelligence artificielle (IA) sont les principaux moteurs de cette évolution. « La Gen Z fait son entrée sur le marché du travail à un moment où l’IA transforme rapidement notre façon de travailler », analyse Kevin Van den Bosch, Country Manager, IWG Belgium & Luxembourg.

Selon une nouvelle étude menée par International Workplace Group (IWG), 33 % des travailleurs de la Gen Z ont déjà une activité complémentaire ou envisagent d’en lancer une. Et pour 48 %, renforcer leur sécurité financière est la principale motivation. Mais c’est sans compter sur l’IA. 55 % des jeunes estiment que l’IA aura un impact majeur sur leur carrière… et accélérera la transition vers une « portfolio career ».

Par « portfolio carrer », il faut entendre un autre parcours, non-linéaire. Plutôt qu’un seul employeur, c’est cumuler des contrats en freelance, des missions à la demande et des projets créatifs. L’ IA accélère ce changement en automatisant les tâches répétitives et en transformant les emplois de début de carrière.

Résilience professionnelle

La technologie est omniprésente dans la vie de la Gen Z. Contrairement aux générations précédentes, elle n’a pas simplement adopté les outils numériques ; elle a grandi avec. Ce contexte l’a rendue particulièrement consciente de l’impact de l’automatisation et de l’IA sur les emplois de demain.

Constat : cette prise de conscience les pousse vers des postes axés sur l’IA ou, au contraire, résistants à son influence. Ils aspirent à concevoir et gérer des systèmes intelligents, et non à être remplacés par eux.

L’incertitude économique joue un rôle tout aussi important. Nombre de membres de la Gen Z ont vu leurs parents perdre leur emploi lors de la crise financière de 2008. Ils ont ensuite eux-mêmes subi l’instabilité liée à la pandémie. De ce fait, la sécurité financière et la résilience professionnelle sont des priorités absolues dans le choix d’une carrière.

Un travail qui a du sens

Une étude de Randstad va dans ce sens. Les offres d’emploi pour les postes de débutant ne nécessitant pas plus de deux ans d’expérience ont diminué en moyenne de 29 points de pourcentage depuis janvier 2024. Le marché du travail est donc particulièrement difficile à appréhender.

Selon l’étude Deloitte 2025 sur la Gen Z et les Millennials, 89 % des membres de la Gen Z considèrent le sentiment d’avoir un travail qui a du sens comme un facteur très ou assez important pour leur satisfaction et leur bien-être au travail. Ce n’est pas une préférence, c’est une exigence fondamentale.

Diversification des sources de revenus

IWG confirme : la réussite dépend de moins en moins des seules compétences techniques. Des qualités telles que la capacité d’adaptation, l’esprit d’entreprise, la créativité et la faculté de collaborer avec des technologies en constante évolution deviennent de plus en plus essentielles.

L’IA semble encore accélérer cette évolution. Plus de la moitié des membres de la génération Z pensent que l’IA transformera profondément leur carrière et rendra plus courant le fait de combiner plusieurs activités professionnelles.

« Les jeunes professionnels investissent de plus en plus dans le développement de nouvelles compétences et dans la diversification de leurs sources de revenus, observe encore Kevin Van den Bosch. Le travail flexible rend cette combinaison possible : moins de temps passé dans les déplacements signifie plus de temps pour se former, développer un projet personnel ou saisir de nouvelles opportunités professionnelles. »