La flexibilité exige une nouvelle discipline. Comment faire ?
Cloud, SaaS, IA : les entreprises ne possèdent plus leurs infrastructures, elles les consomment. Le glissement du CAPEX vers l’OPEX offre de la flexibilité… tout en ouvrant la porte à une volatilité structurelle des coûts.
A fin 2026, plus de 75 % des dépenses IT relèveront de modèles d’usage. Mais à quel prix ? Les dépassements sur les budgets cloud atteignent en moyenne + 23 %. La flexibilité promise est devenue, pour beaucoup d’organisations, une nouvelle source de risque financier. Il s’agit de reprendre le contrôle.
Dans la deuxième publication de son CIO Compass, consacrée à une transformation de fond du modèle d’investissement IT, Sopra Steria Next s’intéresse à ce qu’il nomme le « Post-CAPEX Age ». Il ne s’agit pas de revisiter le « move-to-cloud » ou de considérer les bénéfices du SaaS, mais de mettre en lumière les chemins qui y mènent, les écueils qui menacent, et les qualités que la nouvelle donne exige du CIO.
L’informatique est gérée comme un portefeuille financier
Oui à l’OPEX. Mais sa flexibilité exige une nouvelle discipline. Les factures du cloud explosent, les GPU coûtent nettement plus cher que les CPU et les frais de sortie grignotent les marges. Prévoir les dépenses cloud au-delà de trois mois reste difficile pour de nombreuses organisations. Sans FinOps, l’agilité se transforme rapidement en chaos à grande échelle.
Les budgets annuels fixes sont des vestiges du passé. À l’ère post-CAPEX, la gouvernance repose sur l’allocation continue des ressources
et la gestion en temps réel, rappelle Sopra Steria. « La gestion de portefeuille allégée est essentielle. L’informatique est gérée comme un portefeuille financier, en renforçant ce qui crée de la valeur et en abandonnant rapidement le reste. »
Un cycle budgétaire plus long que le cycle de vie d’un produit est désormais considéré comme un signal d’alarme par les investisseurs.
Les CIO et les CFO doivent devenir des narrateurs, capables de recadrer le discours : « Nous ne dépensons pas plus. Nous investissons plus vite — avec des liens beaucoup plus clairs vers les résultats. »
Le CIO post-CAPEX est un architecte des coûts et de la valeur
Le passage à l’OPEX transforme le bilan de l’entreprise. Là où le CAPEX lisse les coûts via l’amortissement, l’OPEX impacte immédiatement le compte de résultat, introduisant une volatilité des marges. Pour les entreprises cotées, cela peut déstabiliser les investisseurs.
Mais la volatilité n’est pas synonyme d’inefficacité. Elle est aussi le signe d’une plus grande agilité [Agilité financière]. « Le rôle des CIO et des CFO est donc de réécrire le récit autour de la vitesse, de la transparence et du retour sur investissement », note Sopra Steria.
Le CIO post-CAPEX est un architecte des coûts et de la valeur. Il doit lire les factures hyperscaler comme des rapports financiers, relier consommation (CPU, GPU, stockage, tokens IA) et choix d’architecture, modéliser des scénarios de consommation. Il doit aussi négocier stratégiquement avec les fournisseurs, intégrer l’ESG comme dimension native de gouvernance. Le CIO n’est plus seulement un leader technologique, mais un stratège de l’investissement durable !
Observabilité et économie unitaire : rendre la valeur mesurable
Dans l’ère post-CAPEX, la véritable maturité réside dans la capacité à lier chaque euro et chaque kilogramme de CO₂ à une unité de valeur business.
« Se contenter de suivre les dépenses au niveau agrégé n’est pas suffisant. Les organisations les plus avancées calculent le coût par transaction, par parcours client, par appel d’API ou par prompt IA, et de plus en plus, l’empreinte carbone de chaque workload. »
Cette observabilité granulaire transforme l’IT en moteur de création de valeur : les équipes voient non seulement ce qu’elles dépensent, mais aussi ce qu’elles génèrent en retour. Sans cette visibilité, le pilotage est aveugle. Avec elle, l’IT devient un moteur de décisions rationnelles : optimiser, accélérer ou arrêter.


