La durabilité n’est plus perçue comme une contrainte légale, mais comme un moteur de performance économique

L’ambition n’est plus le principal frein au progrès en matière d’achats durables. C’est désormais la mise en œuvre qui l’est. Voici ce que les données révèlent sur la position des organisations et sur les facteurs de différenciation entre celles qui prennent de l’avance.

Les entreprises performantes en matière d’achats durables ne gèrent pas un programme de développement durable distinct de leur fonction achats. Elles ont mis en place un système opérationnel. Soit : un ensemble intégré de capacités qui intègre les enjeux du développement durable dans chaque décision d’approvisionnement, chaque relation fournisseur et chaque résultat commercial.

Cette distinction est plus importante que jamais. The Sustainable Procurement Barometer 2026, réalisé par EcoVadis en collaboration avec Accenture, s’appuie sur les réponses de 1 000 multinationales et de près de 2 000 fournisseurs issus de 20 secteurs d’activité et de trois grandes régions. Le principal constat de cette étude ? Le secteur a dépassé la simple question de savoir s’il faut investir dans les achats durables. La question est désormais de savoir si les organisations disposent du modèle opérationnel nécessaire pour le déployer à grande échelle.

Collaboration avec les fournisseurs, économie circulaire…

L’approvisionnement durable entre dans une nouvelle phase. Désormais, la création de valeur supplante la conformité comme objectif principal. Le baromètre révèle que les entreprises les plus performantes tirent de meilleurs retours financiers des initiatives axées sur l’innovation que du simple respect des réglementations.

Parmi les 10 % d’entreprises les plus performantes, 80 % considèrent l’innovation comme leur principale source de retour sur investissement. Contre 54 % pour les autres qui continuent de privilégier la conformité. Cela marque un changement structurel dans la place qu’occupent les fonctions d’approvisionnement au sein de l’entreprise.

Les entreprises s’appuient de plus en plus sur la collaboration avec leurs fournisseurs, l’économie circulaire des produits et l’efficacité des ressources pour stimuler leur croissance. Les initiatives d’innovation se développent également rapidement. Aujourd’hui, 58 % des organisations mettent en œuvre de tels programmes, couvrant entre 26 % et 75 % de leurs dépenses fournisseurs, une forte progression par rapport aux 9 % enregistrés en 2024.

La résilience devient un impératif financier

Cette évolution s’opère dans un contexte de perturbations croissantes des chaînes d’approvisionnement. D’après une étude d’Accenture, ces perturbations coûtent aux entreprises plus de 1 600 milliards USD de pertes de croissance annuelle de leur chiffre d’affaires.

Les organisations qui investissent proactivement dans la résilience surpassent leurs concurrentes, affichant une croissance de leur chiffre d’affaires supérieure de 3,6 %. Les équipes d’approvisionnement sont soumises à une pression croissante pour concilier maîtrise des coûts, gestion des risques et objectifs de développement durable, souvent simultanément.

Les entreprises leaders réagissent en intégrant le développement durable directement dans leurs décisions d’approvisionnement, transformant ainsi la fonction achats en un levier de stabilité opérationnelle et de performance financière.