Tant que les IA travailleront en silos, la productivité sera limitée
Selon un nouveau rapport de Workday, les collaborateurs ont une vision positive du travail et de l’IA. mais ils se disent « coincés » à devoir faire le lien entre des systèmes déconnectés. Par conséquent, le travail se complexifie…
L’IA devait libérer les équipes pour qu’elles puissent se consacrer à un travail à la fois plus stratégique et créatif. Mais on est encore loin du compte, observe Julie Colwell, Principal Strategist, Workday. Selon une récente de l’éditeur (panel : 6 100 professionnels des services Finance, HR, IT et opérations, tous étant des utilisateurs actifs de l’IA et intervenant dans des entreprises de 500 collaborateurs ou plus), « 82 % des collaborateurs déclarent passer beaucoup de temps à faire office de traducteurs, en copiant et collant des informations d’un système à l’autre… »
En fait, montre l’étude, les collaborateurs restent coincés à effectuer trop de tâches inadaptées. « Lorsque l’IA est traitée comme un outil rajouté pour des tâches isolées, elle ne fait qu’accélérer les tâches subalternes, continue Julie Colwell. La véritable transformation se produit lorsque l’IA est intégrée aux systèmes et workflows qui font déjà tourner l’organisation, afin que les collaborateurs puissent se concentrer sur le travail stratégique, créatif et humain qui projette véritablement les entreprises vers l’avenir. »
Les collaborateurs ne sont pas désengagés, mais submergés
En adoptant des outils d’IA qui n’ont pas d’accès direct aux données et processus métiers essentiels, les entreprises ont enseveli leurs collaborateurs sous des tâches subalternes : traduire, copier, coller, revérifier et coordonner les résultats entre l’IA et les fonctions essentielles qui font véritablement tourner l’entreprise, comme l’embauche, la paie et la clôture des comptes.
L’étude révèle que 97 % des personnes interrogées aiment leur travail. Et va donc à l’encontre d’un pseudo « désengagement ». Le problème est opérationnel : trop de temps à effectuer des tâches répétitives dont les systèmes pourraient s’occuper. Ainsi, 77 % des répondants affirment que leur travail les oblige à rapprocher les données contradictoires provenant de différents outils. 70 % déclarent devoir saisir à nouveau les mêmes informations dans différents systèmes ou outils. Et 20 % perdent plus de sept heures par semaine à effectuer des intégrations manuelles.
Bref, des tâches de coordination et des problèmes liés aux systèmes qui interrompent constamment le « vrai travail ». Résultat : la journée paraît bien remplie, mais n’est pas vraiment productive…
L’IA est plus efficace lorsqu’elle est intégrée aux workflows
Si la plupart des entreprises ont adopté l’IA, seulement 27 % l’ont intégrée directement dans leurs workflows principaux. Les autres ne l’utilisent qu’à titre accessoire, pour des tâches individuelles comme la rédaction d’e-mails, la synthèse de documents et les réponses à des questions ponctuelles…
Les agents IA qui fonctionnent sans avoir accès aux applications globales d’une entreprise ont tendance à générer des résultats qui semblent raisonnables, mais ils manquent de contexte et risquent de violer les règles de conformité, car ils ne peuvent pas accéder aux politiques, aux chaînes d’approbation et aux modèles de données qui définissent le fonctionnement réel de l’entreprise.
68 % des collaborateurs ont déclaré que leur prise de décision s’est trouvée retardée par des informations manquantes ou peu claires. Et près de la moitié d’entre eux ont été contraints de contourner complètement les applications globales.
D’abord, faire confiance dans les données
« La différence de résultats est frappante, poursuit Julie Colwell. Parmi les entreprises ayant intégré l’IA dans leurs applications globales, 60 % des collaborateurs déclarent gagner au moins 25 % de leur temps. Lorsque l’IA n’est pas intégrée aux systèmes principaux, moins d’un quart des collaborateurs affirment gagner autant de temps ! »
Sans surprise, 87 % des répondants participant à l’étude affirment que leur confiance dans l’IA augmente lorsqu’ils font confiance aux données et au système sous-jacents. Les collaborateurs font déjà confiance aux systèmes qu’ils utilisent pour exécuter la paie, clôturer les comptes ou encore gérer leurs équipes. Lorsque l’IA fonctionne au sein de ces mêmes systèmes, l’écart de confiance disparaît en grande partie.



