Le CISPE élargit son front contre Broadcom, notamment avec Beltug, et réclame trois ans de transition

CISPE (Cloud Infrastructure Services Providers in Europe) s’est associée à quatre autres organisations professionnelles, dont Beltug, pour exhorter les autorités européennes de la concurrence à suspendre certaines pratiques commerciales de Broadcom avec VMware. L’union fait la force.

En cause, toujours, les hausses de prix et l’exclusion de certains fournisseurs. Mais plus seulement. Le CISPE renforce la pression sur Broadcom. L’association s’est alliée à Beltug en Belgique, au Cigref en France, à CIO Platform Nederland et à VOICE en Allemagne pour demander à la Commission européenne d’imposer rapidement des mesures provisoires au propriétaire de VMware.

« Nous vous exhortons donc, avec la plus grande fermeté, à agir rapidement et à imposer dès maintenant des mesures transitoires », a déclaré le CISPE dans sa lettre conjointe datée du 10 juillet.

Les inquiétudes de l’écosystème

Le CISPE a demandé à Teresa Ribera, commissaire européenne à la concurrence, et à Henna Virkkunen, commissaire européenne à la technologie, de garantir une période de transition d’au moins trois ans, le temps que les autorités de régulation poursuivent leur enquête sur Broadcom.

Les signataires accusent Broadcom d’avoir fortement augmenté les prix de VMware et écarté des milliers de fournisseurs de services cloud de l’achat et du déploiement de ses technologies. Le CISPE souligne sur Linkedin que cette démarche réunit désormais à la fois des fournisseurs européens de cloud et des organisations représentant leurs grands clients. Il y voit la preuve que les inquiétudes concernent l’ensemble de l’écosystème, et pas uniquement certains concurrents de Broadcom.

Suspension, réintégration

Cette nouvelle action prolonge la plainte déposée en mars dernier par le CISPE auprès de la Commission européenne. Elle visait notamment la fermeture du programme Broadcom Advantage Partner aux partenaires VMware Cloud Service Provider, ainsi que les hausses tarifaires, les minima d’engagement et l’exclusion des plus petits opérateurs. L’association demandait déjà la suspension de ces mesures et la réintégration des fournisseurs évincés.

Broadcom a déclaré contester les allégations du CISPE, le qualifiant d’organisation financée par de grands fournisseurs de services cloud, ou hyperscalers, qui déforment la réalité du marché.

La Commission européenne a confirmé la réception de la lettre.