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WeWork, la fin du capital sans fin

Oct 7, 2019 | Lastet news, Workplace | 0 commentaires

WeWork en fin de parcours ? Après une ascension phénoménale, une chute tout aussi brutale… et loin d’être terminée. En retiendra-t-on la leçon ?

WeWork peine à se sortir de la spirale infernale dans laquelle l’entreprise est plongée depuis plusieurs semaines. Alors que son introduction en Bourse a été reportée sine die, la société cherche désormais à renforcer ses liquidités, ce qui devrait passer par le licenciement d’une grande partie des effectifs.

Avril 2019, le spécialiste du workspace décide d’entrer en Bourse. Début juillet, alors que le projet est sur le point de se concrétiser, tous les voyants sont au vert. La start-up est alors valorisée à hauteur de 47 milliards USD. Mais en étudiant les comptes et les documents de la société, les investisseurs mettent au jour des pertes considérables et une gestion financière opaque. Le comportement de son exubérant CEO et cofondateur, Adam Neumann, est également pointé du doigt.

WeWork envisage d’abord de réduire sa valorisation à 20, puis à 10 milliards USD. Après un premier report de l’introduction boursière, le conseil d’administration de la société pousse Adam Neumann à la démission, devenue effective le 24 septembre 2019. La semaine dernière, la nouvelle direction décide de suspendre le projet d’IPO pour se concentrer sur leur «core business».

La fin d’une époque

Pour l’heure, l’entreprise comptant environ 12 500 collaborateurs pourrait réduire ses effectifs de 10 à 25 %. Elle pourrait, aussi, revendre, certaines start-up. En quatre ans, The We Company, maison-mère de WeWork, aurait en effet racheté 21 start-up : des concurrents, comme Naked Hub, des plateformes complémentaires, comme Meetup, ou des acquisitions plus étonnantes, comme avec Wavegarden, qui développe… des machines à vagues. Le délestage aurait déjà démarré, puisque l’entreprise Teem, qui édite des outils de gestion d’espaces de travail, serait sur le point d’être revendue, un an après son rachat.

Pour Michael Wilson, stratège en actions de Morgan Stanley Equity, l’échec de WeWork marque la fin de «l’ère du capital sans fin pour les entreprises non rentables». L’analyste y rappelle d’autres événements qui ont marqué ces vingt dernières années. Ainsi, le rachat échoué par United Airlines en octobre 1989, qui met effectivement fin à l’engouement de cette époque pour le LBO. Ensuite, la fusion entre AOL et Time Warner en 2000, qui indiquait la fin de la bulle Internet. Et de citer, encore, la participation de JPMorgan Chase à la faillite de la banque d’investissement Bear Stearns en 2008, qui a marqué la fin des excès financiers des années précédentes. «Payer des évaluations extraordinaires pour n’importe quoi est une mauvaise idée, en particulier lorsqu’il s’agit d’entreprises qui pourraient ne jamais générer de flux de trésorerie positifs.», 

WeWork, Netflix, Uber…

Cette trajectoire rappelle celle d’Uber : la start-up de VTC a exposé ses lourdes pertes, perdu en valorisation et effectué deux tours de licenciements depuis son introduction en bourse en mai. Et en 2016, elle avait également évincé son fondateur, Travis Kalanick, alors qu’elle visait déjà Wall Street. Pour compléter ce comparatif, les deux entreprises ont reçu près de 10 milliards USD d’investissements de la part du Vision Fund de SoftBank.

L’explosion en vol du géant des bureaux partagés et les difficultés grandissantes d’Uber et de Netflix montrent que la croissance effrénée de certaines stars de la nouvelle économie trouve tôt ou tard ses limites quand la profitabilité reste hypothétique. Depuis des années, les stars de la nouvelle économie utilisent une formule magique pour attirer les investisseurs : «Peu importent les pertes, pourvu que la croissance du chiffre d’affaires soit au rendez-vous»…

Ce mantra a permis à quantité de licornes, ces entreprises valorisées plus d’un milliard USD, de lever en bourse des sommes considérables, indispensables à leur développement. A la clef, des lendemains qui chantent, sur la foi du principe intangible, selon lequel «the winner takes all» Autrement dit, celui qui parvient à devenir leader sur un marché a toutes les chances de rafler la mise en occupant une place presque inexpugnable par ses concurrents. Le système a fonctionné à merveille pour les plus célèbres d’entre elles. Plus aujourd’hui.

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