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EUCLIDIA, un pas plus loin que GAIA-X

Juil 11, 2021 | Cloud | 0 commentaires

Une nouvelle alliance européenne voit le jour, EUCLIDIA. Elle se veut plus engagée que GAIA-X. Son crédo: la souveraineté… sans passer par les Big Tech.

Y-a-t-il une fatalité dans le cloud à s’en remettre aux Big Tech, d’AWS à Microsoft en passant par Google ? Non, expliquent plusieurs acteurs européens regroupés derrière le sigle EUCLIDIA (European Cloud Industrial Alliance), qui vient de voir le jour.

L’Europe n’a peut être pas de fournisseurs cloud à même de rivaliser avec la puissance de frappe des GAFAM, elle n’en demeure pas moins riche de très nombreuses pépites. Nombre d’entre elles se retrouvent dans EUCLIDIA. Premiers membres ? Abilian, Amarisoft, Beremiz, BlueMind, Clever cloud, E.corp, Jamespot, Innoroute, Linbit, Netframe, Nexedi, Nextcloud, ng-voice, Nitrokey, OpenSVC, Patrowl, Rapid.Space, Scaleway, SenX, Signal18, Submer, Vates et XWiki. 

L’expertise de terrain et une vision

EUCLIDIA est une alliance industrielle formée par des créateurs européens indépendants de technologies originales de cloud. Leur ambition ? Promouvoir l’indépendance numérique et l’autonomie stratégique. L’alliance portera la voix des innovateurs européens en matière de technologies dans le cloud. Ses membres sont tous basés en Europe avec une majorité d’actionnaires européens.

Mission ? fournir aux législateurs et aux décideurs politiques l’expertise de terrain et la vision qui renforceront les politiques qui accélèrent l’adoption et le développement des technologies de pointe du cloud créées en Europe. Ces politiques doivent refléter les valeurs européennes.  En premier lieu la protection de la vie privée et la promotion d’une concurrence loyale. L’ambition est aussi de permettre aux industries européennes du cloud d’être compétitives.

L’anti-GAIA-X… sans le dire

Pour ses promoteurs, GAIA-X ne fait pas le job. Ses membres -les Atos, Orange ou OVHcloud pour ne citer qu’eux- sont tous liés directement ou indirectement aux Big Tech. En clair, ils distribuant leurs technologies, tandis que les industriels européens de technologies de cloud sont, eux, largement ignorés. Pour EUCLIDIA, la situation est très nette dans les appels d’offres publics…

Et EUCLIDIA de rappeler que les technologies européennes de cloud sont utilisées par au moins 50 % des plus grandes entreprises du CAC 40 (France) et du DAX 30 (Allemagne). Leur riche écosystème fournit des solutions extrêmement compétitives qui, par ailleurs, atténuent les risques posés par les lois extraterritoriales telles que le CLOUD Act, le Foreign Intelligence Surveillance Act (FISA) et les International Traffic in Arms Regulations (ITAR). Le message est clair…

Par un dialogue ouvert avec les parties prenantes concernées, y compris les acteurs de l’industrie et les décideurs politiques, EUCLIDIA aidera les gouvernements et les entreprises à mieux comprendre la valeur d’un écosystème européen indépendant. Dans ses missions, EUCLIDIA préconisera des cadres réglementaires appropriés qui garantissent la confiance et un accès rapide aux marchés publics pour les technologies européennes du cloud. L’alliance soutiendra en particulier les jeunes développeurs désireux de contribuer à l’autonomie numérique de l’Europe.

Véritable indépendance

«Cette alliance réunit des acteurs prêts à fournir sous licence des technologies cloud à des gouvernements qui veulent dépendre le moins possible d’acteurs étrangers en supprimant les problèmes d’extraterritorialité», explique Jean-Paul Smets, Vice-Président, EUCLIDIA (par ailleurs PDG de Rapid.Space et fondateur de Nexedi). Les technologies cloud poussées par les membres de cette initiative sont orientées autour du triptyque IaaS, PaaS et SaaS, mais également d’autres orientées Edge, vRAN (5G)… 

Les offres cloud européennes à l’échelle vont-elles trouver leur place ? EUCLIDIA en est persuadé. «Nous donnons la possibilité de devenir plus indépendants en garantissant l’origine européenne des technologies cloud, soutient Jean-Paul Smets. On pourra aussi demander dans un an d’appliquer au cloud le principe d’exception culturelle. Une option pour créer une base de marché minimum…»

Pourquoi pas ? Après tout, le travail de lobbying n’est pas l’apanage des géants US et chinois du cloud...