Il est temps de concilier cybersécurité, résilience numérique et durabilité

La résilience, la sécurité et la durabilité ne peuvent plus être gérées en silos. Ces sujets convergent de plus en plus. CIO, CISO et responsables du développement durable sont appelés à collaborer davantage.

La durabilité est en train de basculer vers la compétitivité. Longtemps assimilée à une contrainte réglementaire, elle tend à devenir une condition de croissance. La capacité à innover, à sécuriser l’accès aux ressources et à absorber les chocs énergétiques devient un facteur direct de compétitivité.

Les organisations qui intègrent ces enjeux dans leurs décisions technologiques renforcent simultanément leur résilience, leur rentabilité et leur capacité d’innovation. Aussi, concilier cybersécurité, résilience numérique et sobriété numérique demande de dépasser l’opposition entre protection et écologie pour adopter une démarche d’efficacité globale. Ce sera un des thèmes majeurs des Sustainable IT Days.

La première table ronde du mardi 13 octobre, « Cybersecurity, Digital Resilience & Sustainable IT: Stronger Together » abordera la façon de mieux comprendre et maîtriser ses dépendances technologiques, énergétiques et fournisseurs pour renforcer à la fois la continuité des activités, la sécurité et la durabilité.

Autour de la table, Joshua Green (Chief Architect, Euroclear), Karine Goris (President of the Belgian Cybersecurity Coalition) et Vanessa Biebel (COO and Board member at FEB/VBO, Sustainable Development and cCrcular Economy Lead), plus Patrick Devis (President of the Board of the Belgian Institute for Sustainable IT), qui officiera comme modérateur.

Le contexte a changé

La durabilité n’est plus une question de conformité, mais de compétitivité et de pérennité. Longtemps cantonnée aux engagements et aux reportings, la durabilité reste insuffisamment intégrée dans les systèmes qui font l’entreprise : IT, data, chaînes d’approvisionnement. Cette dissociation limite l’impact réel des initiatives.

Or, le contexte évolue. Stress hydrique, raréfaction des ressources, dérèglement climatique et instabilité géopolitique : les entreprises évoluent dans un environnement toujours plus incertain. Renforcer la résilience n’est plus une option, mais une nécessité stratégique.

Les organisations investissent désormais dans la réduction de leurs émissions tout en renforçant leur capacité d’adaptation, la sécurisation de leurs ressources et la continuité de leurs activités. Parallèlement, l’IA s’impose comme un puissant catalyseur de la résilience durable, créant d’ailleurs de nouvelles opportunités de valeur.

La tendance se précise : résilience, sécurité et durabilité vont de ;plus en plus converger du fait d’une même réalité : la multiplication de crises globales, interconnectées et systémiques. Autrefois traitées de manière isolée, ces trois notions forment aujourd’hui un triptyque indissociable pour assurer la survie et la continuité des organisations, des infrastructures et des nations.

Tout se tient

Un événement climatique extrême (enjeu de durabilité) peut détruire des infrastructures énergétiques. Cette destruction engendre des pannes d’électricité majeurs et des cyberattaques opportunistes (enjeu de sécurité). La capacité d’une société à absorber ce choc et à restaurer ses services définit désormais sa résilience.

Longtemps, la sécurité a consisté à ériger des barrières et la résilience à réparer après un sinistre. Aujourd’hui, on comprend qu’une infrastructure ne peut être résiliente à long terme que si elle intègre la durabilité dès sa conception. A la clé, des chaînes d’approvisionnement plus résilientes, une meilleure maîtrise des ressources et une anticipation des contraintes.