Révolution sur les prochaines générations de systèmes z et LinuxONE
Un processeur à double architecture de nouvelle génération pour les systèmes IBM z et LinuxONE. Développée en partenariat avec Arm, il va rapprocher applications cloud-native, outils de cybersécurité et piles IA des données critiques sans les porter sur l’ancestrale architecture s390x.
Depuis des décennies, les mainframes IBM constituent l’épine dorsale des charges de travail critiques des entreprises des secteurs financier, public ou de l’industrie. Grâce à l’écosystème de développement Arm natif, qui compte plus de 22 millions de développeurs dans le monde, IBM va pouvoir proposer des charges de travail modernes comme le cloud natif, l’edge computing et l’IA sur IBM z et LinuxONE, sans que les clients aient à migrer depuis leurs plateformes principales.
En s’associant, Arm et IBM proposent un changement de paradigme. Aujourd’hui encore, l’informatique d’entreprise se répartit entre deux paradigmes opérationnels distincts : les plateformes mainframe à haute fiabilité et à forte intensité transactionnelle, exécutant des systèmes d’exploitation propriétaires, comme z/OS, et les architectures cloud natives flexibles et évolutives, exécutées sur du matériel x86 ou Arm. Demain, ce ne sera plus le cas. L’introduction d’un processeur mainframe natif à double architecture -encore sans nom- modifiera fondamentalement la dynamique du paysage informatique d’entreprise.
De fait, en intégrant l’exécution des instructions Arm au silicium d’entreprise d’IBM, « Big Blue » élimine efficacement le silo architectural qui séparait les systèmes existants des modèles de déploiement « native cloud » modernes.
Plus qu’une étape, une révolution
L’arrivée de Linux sur l’architecture z avait déjà ouvert une première brèche. Java une autre. Puis les conteneurs, Kubernetes et OpenShift ont considérablement réduit l’écart culturel et opérationnel avec les plateformes distribuées. Avec Arm, c’est autre chose. IBM vise la compatibilité binaire avec les logiciels Linux Arm existants. A terme, un logiciel certifié pour Red Hat Enterprise Linux sur Arm pourra donc tourner sur IBM z sans recompilation spécifique pour s390x.
Pour les CIO, c’est une révolution. Jusqu’ici, en effet, les programmes mainframe exigeaient des compétences spécifiques en programmation, notamment en COBOL, PL/I et z/OS. Grâce à la prise en charge native d’Arm par la puce, des millions de développeurs travaillant sur des logiciels sur Arm vont pouvoir accéder à l’environnement mainframe sans avoir à repenser leur travail, émuler des environnements…ou supporter des coûts de performance supplémentaires !
Evolution de la stratégie de cloud hybride
A la clé, notamment, une intégration plus rapide de l’IA en entreprise. Jusqu’ici, face à la course contre la montre pour intégrer l’IA générative et les modèles prédictifs à leurs applications critiques, la latence est un problème. L’exécution des transactions sur un mainframe, mais aussi les calculs d’IA sur un serveur externe, entraînent des délais et des problèmes de sécurité. Demain, les capacités de calcul d’IA intégrées et la flexibilité du logiciel Arm vont permettre d’exécuter des modèles d’IA à haut volume, comme la détection de fraude, au sein du flux transactionnel.
Plus généralement, les entreprises seront en mesure de développer des applications sur des architectures Arm modernes dans le cloud et les déployer facilement sur site sur du matériel IBM z ou LinuxONE ! Voilà qui transforme la stratégie matérielle : d’une approche axée sur la gestion des risques, elle devient un véritable moteur d’innovation. Une puce à double architecture permet aux organisations de moderniser progressivement. On parlera moins de « dette technique »…
En 2028, avec l’arrivée du z18
Cette nouvelle puce marque la fin de l’isolement historique de la plateforme par rapport au reste du secteur IT. Si les atouts fondamentaux d’IBM z -fiabilité, sécurité et virtualisation- demeurent la référence pour les opérations critiques, ils sont néanmoins liés à une architecture qui s’est de plus en plus éloignée du cycle de vie moderne du développement logiciel.
Par cet accord, IBM cherche à concilier au mieux les deux mondes : assurer la continuité pour les ISV qui développent actuellement des produits logiciels pour mainframe et offrir un choix de logiciels plus large aux clients IBM existants, rendant ainsi la gamme Z plus attractive.
IBM prévoit l’arrivée de cette nouvelle puce en 2028. Et comme « Big Blue » a lancé sa dernière génération de mainframes, le z17, en 2025 et qu’il propose généralement de nouveaux modèles tous les trois ans, la future puce sera introduite avec l’annonce du z18.



