Pour les pionniers de l’IA, l’action prime sur les diplômes

De Sam Altman, le père de ChatGPT, à Mark Zuckerberg, celui de Facebook, le journaliste Guillaume Grallet a multiplié les interviews. C’est « Pionniers », un livre passionnant !

« J’ai poursuivi Sergey Brin, le co-créateur de Google, jusqu’aux toilettes de ses locaux à Mountain View, confessé Sam Altman, le créateur de ChatGPT, dans une berline aux vitres teintées, entre les Champs-Elysées et Station F, reçu des mains d’Alex Karp, le fondateur du très mystérieux Palantir, une BD qui expliquait sa mission secrète… Partout, j’ai trouvé des sorciers en tee-shirt qui jouent aux chefs d’Etat. »

De la Silicon Valley à la Corée du Sud, en passant par la Russie, Guillaume Grallet, auteur de « Pionniers – Voyage aux frontières de l’intelligence artificielle » (Grasset), est parti à la rencontre des grands entrepreneurs qui façonnent la société du XXIe siècle. 286 pages d’anecdotes, de détails aussi sur des parcours iconiques. Ce livre dit tout, jusqu’aux blessures originelles de ces « pionniers ».

Pas forcément les premiers de la classe

« Plutôt que le ‘génie’, ce qui me fascine, c’est ce petit grain de folie qui sommeille en chacun d’eux, de nous, commente Guillaume Grallet. Ce moment où certaines personnalités décident de parier sur une idée que tout le monde trouve dingue ou ridicule… »

Les vrais pionniers ne sont pas forcément les premiers de la classe. Et si on le sait, l’auteur nous le rappelle tout au long de son ouvrage qui ressemble davantage à un reportage, voire un récit puisqu’écrit à la première personne. Certains de ces « architectes de nos vies » ont d’ailleurs décidé de ne pas aller au bout de leurs études. D’autres ont des doctorats de philosophie, comme Reid Hoffman, le créateur de LinkedIn, qui a étudié à Oxford. Mais tous ont eu cette naïveté de croire qu’ils pourraient changer le monde.

Loin du « syndrome des grandes écoles »

« La percée ne naît jamais dans l’exactitude, mais dans l’audace de questionner ce que tout le monde prend pour acquis. » C’est en ce sens que ce livre est passionnant. Le ton est vif, stimulant. L’article sur Musk vaut à lui seul le détour…

On est loin du « syndrome des grandes écoles » si cher à la France, pays de l’auteur, journaliste au Point. Loin des sésames obligés pour l’élite professionnelle et, donc, de la pression académique. Pas de discours de « bon élève », juste des échanges vrais : une promenade avec un idéaliste, un échange avec un gourou. « Partout, j’ai trouvé des sorciers en tee-shirt qui jouent aux chefs d’Etats », s’amuse Guillaume Grallet. 

Alain de Fooz