Villa Monceau, noblesse gourmande

Avr 5, 2022 | Lifestyle | 0 commentaires

Villa Monceau, où Louvain-La-Neuve est née il y a cinquante ans sur un coin de bureau, renaît aujourd’hui par sa cuisine. Une noble adresse gourmande.

J’aime son air notable de province à gros sourcils, ce morceau de fourrure animale, fauve, dominatrice, en contradiction avec le regard épilé des villes. Laurent Oyen pourrait être membre à vie de ce club où l’on boit du cognac devant des flambées aux bûches de chêne, célébration d’un art de vivre au beurre, un humour canaille et néanmoins de bonnes manières.

Je le verrais bien coiffé d’une toque, Laurent. Une grande et belle toque à l’ancienne. Avant la pandémie, avec sa femme Audrey, il officiait sur une péniche, leur péniche, à Ittre. Manger en navigant, sur le canal ! Les voici, depuis bientôt un an, à Ottignies, Villa Monceau. Un projet à l’image de ce beau couple, entre grand professionnalisme et ce brin de folie, synonyme de romantisme, qui fait la différence d’une vie.

Dans l’intimité des coulisses de la fondation de la ville neuve

Villa Monceau, théâtre de la création de Louvain-La-Neuve, en 1972. Propriété de Cédric du Monceau, fils de Yves, député-bourgmestre, à l’origine de l’université francophone avec Michel Woitrin et le ministre Oleffe. Pénétrer la Villa Monceau c’est entrer dans l’intimité des coulisses de la fondation de la ville neuve et donc dans l’Histoire. 

Villa Monceau. Un projet à l’image de Laurent et Audrey Oyen, ce beau couple, entre grand professionnalisme et ce brin de folie, synonyme de romantisme, qui fait la différence d’une vie.

Le feu ouvert est toujours là, on aurait envie de s’installer devant en buvant un cognac -passion de Laurent Oyen. Ou dîner, en comité restreint, dans le bureau du patriarche. Accueil stylé du maître d’hôtel, ganté de noir sans être guindé. Beaux espaces, lumière généreuse sur un immense jardin. Grands volumes de ce qui fut, à la première heure, en 1907, un relais de chasse. Ambiance hors temps, provinciale dans le sens noble du terme.

« Chef ! »

En arrivant, il y a de fortes chances pour que vous passiez devant le bar, so british, genre club de golf sélect, où l’entend le froissement des pages d’un journal et le bruit des glaçons dans un verre de Glengoyne de trente ans d’âge. Devant, aussi, le chariot à fromage. Devant, enfin, le chariot à thés.

Villa Monceau donc, mais la table s’est émancipée sous le nom de A La Lisière, en souvenir de Rainy Vaxelaire, la maman de Cédric. Belle grande carte -par la taille- proposée par Audrey, qui vante les suggestions de son chef de mari qu’elle s’évertue, tout sourire, à nommer « chef » quand, en fin de service, il montre le bout du nez.

A La Lisière c’est ne carte qui évolue au rythme des saisons -ici en ce début avril, on inaugure les asperges. Bientôt, elles viendront du potager -entretenu par les parents de Laurent. On n’y trouvera pas de carottes, mais tous les légumes délicats, fragiles, de ceux qui supportent mal le transport, comme les fleurs qui ornent les assiettes.

Bon saucier…

Avec des amis, nous avons opté pour le beau menu gourmand (49,00 EUR), dégustation, entrée, plat, dessert. Avec un ceviche de thon rouge, agrumes, radis rouges et billes de grenade, suivi d’une dorade royale à la vanille et caviar d’olives noires, légumes racines. Le chef privilégie les poissons et, en bon saucier, se lâche généreusement. Son leimotiv : travailleur les seuls meilleurs produits et les respecter. Ah, oui ! encore un détail : Laurent fut élu Meilleur apprenti en 1998. Mais, chut ! il n’en dira mot ; il préfère évoquer ses vins en provenance directe de producteurs, donc inconnus des canaux de distribution. Ce qui veut dire, encore que tomber en amour pour un flacon suppose prendre ses habitudes dans cette belle maison !

A proximité de Louvain-La-Neuve, La Villa Monceau attire nombre d’hommes d’affaires. Une salle spécifique accueille les séminaires. Le projet -porté par douze investisseurs- inclut six chambres, dont deux suites. Adresse d’exception, celles-ci connaissent un beau succès dans la région…

Alain de Fooz

 

Avenue de l’Etoile, 1340 Ottignies-LLN ( à 5 min de la gare d’Ottignies et 20 min de Bruxelles National )

0493 87 18 59

www.villamonceau.be