47 % des cadres belges utilisent secrètement l’IA au travail !
Si l’IA générative a permis une nouvelle vague de productivité, elle a également créé une nouvelle catégorie dans les risques de sécurité. La dissimulation est le point de départ de la brèche, explique Thomas Breuer d’Inetum Belgium-Luxembourg.
Tout comme le shadow IT, la shadow AI implique spécifiquement des modèles d’IA générative, des agents, des copilotes, des outils et d’autres systèmes d’IA qui n’ont pas fait l’objet de processus de vérification de sécurité appropriés. La shadow AI est en plein essor. En Belgique, 47 % des cadres belges reconnaissent utiliser l’IA sans en informer leurs collègues ou leur direction. Dans les entreprises de taille moyenne comptant entre 10 et 250 collaborateurs, ce chiffre atteint 55 %.
Ces deux ordres de grandeur, issus de l’European Digital Observatory, réalisée par l’Institut Bona Fidé pour Inetum, situent clairement le problème : la Shadow AI pose un défi croissant en matière de gouvernance. De fait, un cadre sur deux introduit des données d’entreprise sensibles dans des outils que l’entreprise ne connaît pas, ne surveille pas ou même ne connaît pas ! Cela signifie que des informations sensibles telles que des documents juridiques, des données clients et des stratégies internes sont toutes acheminées vers des modèles non vérifiés.
Peur de prendre du retard, tâches élémentaires sans intérêt
L’explication ? Multiple. « De nombreux collaborateurs reconnaissent les avantages de l’IA, mais ils l’adoptent souvent plus rapidement que les organisations ne sont capables de mettre en place des cadres clairs, » observe Thomas Breuer, General Manager, Inetum Belgium & Luxembourg. Les cadres, en particulier, ont peur de prendre du retard sur les outils parce qu’ils interprètent correctement le marché du travail.
« Trop souvent, aussi, l’IA reste cantonnée à des tâches élémentaires, comme la reformulation d’e-mails ou la synthèse de réunions, constate encore Thomas Breuer. La véritable opportunité consiste à utiliser cette technologie pour prendre de meilleures décisions, diffuser les connaissances à plus grande échelle et renforcer la collaboration. Cela nécessite des lignes directrices claires, des outils fiables et une culture qui encourage l’expérimentation responsable, plutôt que de pousser l’utilisation de l’IA dans l’ombre. »
Cinq pratiques pour endiguer la Shadow AI
° Protéger les identités et les accès – La sécurisation des accès constitue le fondement des usages plus avancés de l’IA. L’authentification multifacteur contribue à prévenir les accès non autorisés et permet aux organisations d’étendre l’utilisation de l’IA au-delà des tâches élémentaires de productivité.
° Appliquer le principe du moindre privilège – Tout le monde n’a pas besoin d’accéder à chaque environnement d’IA ou aux données. Accorder les autorisations uniquement lorsque cela est nécessaire et réexaminer régulièrement les comptes privilégiés. Limiter les privilèges réduit les risques de sécurité et crée un environnement plus sûr pour déployer l’IA à plus grande échelle.
° Vérifier les résultats produits par l’IA avant de les utiliser – L’IA peut faire gagner du temps, mais elle peut aussi commettre des erreurs. En vérifiant les faits, analyses ou lignes de code importants auprès de sources fiables, les organisations peuvent utiliser l’IA en toute sécurité pour des tâches et des processus décisionnels plus complexes.
° Utiliser l’IA comme un partenaire de réflexion, et non comme un simple assistant de rédaction – Son véritable potentiel réside dans sa capacité à remettre en question les hypothèses et à améliorer la prise de décision. Demandez-lui d’élaborer des contre-arguments face à une proposition, de repérer les angles morts d’une stratégie ou d’explorer d’autres scénarios.
° Transformer l’expertise interne en ressources évolutives – Une grande partie des connaissances d’une organisation réside dans la tête de ses collaborateurs. L’IA peut aider à recueillir et à structurer cette expertise en transformant des entretiens ou des transcriptions en FAQ, guides d’intégration, arbres de décision et supports de formation.



