Resilience & Sovereignity Convention 2026. Le rendez-vous du basculement
On sécurise l’infrastructure, plus rarement ce qui compte vraiment. Ce n’est pas un catalogue de solutions, mais un changement de regard sur ce que sécuriser veut dire quand le périmètre a disparu. Qui dit résilience aujourdhui, dit souveraineté. Une série de conférence inédites le 28 avril.
Nombre d’organisations ont aujourd’hui une posture cyber construite pour un monde qui n’existe plus : celui où l’entreprise avait un périmètre, un dedans et un dehors. Ce monde a quasi disparu sous l’effet du cloud, de la mobilité et de l’externalisation massive. Les infrastructures débordent désormais vers les prestataires, les partenaires, les objets connectés, les systèmes industriels.
En revanche, nos réflexes défensifs, eux, sont restés en place. La situation est d’autant plus sensible qu’il nous faut reconsidérer notre souveraineté. Nos dépendances numériques sont bien réelles. Fruit d’années de dépendance envers les Etats-Unis, la crainte d’un « kill switch », coupure des services numériques fournis à l’Europe, est désormais une réalité.
Rempart ou illusion ?
Aussi, la table ronde « Souveraineté numérique : rempart ou illusion dans un monde dystopique ? », qui clôturera la Resilience & Sovereignity Convention 2026, mardi 28 avril au Sheraton Brussels Airport Hotel, sera d’autant plus intéressante. Animée par Christian De Boeck (SYNERGIT), elle mettra l’accent sur les enjeux de sécurité et de business continuity dans un environnement numérique de plus en plus incertain.
La discussion interrogera la souveraineté numérique comme levier stratégique pour anticiper les risques, sécuriser les infrastructures essentielles et assurer la pérennité des activités : constitue-t-elle aujourd’hui un véritable rempart, ou une illusion face aux vulnérabilités d’un monde de plus en plus dystopique ?
Comment, aujourd’hui, s’approprier la souveraineté ?
À mesure que les dynamiques mondiales s’intensifient, le besoin de contrôle, de confiance et d’indépendance technologique devient crucial. « Tant pour les gouvernements, les entreprises que les fournisseurs de technologies une question centrale se pose : comment s’approprier efficacement la souveraineté aujourd’hui ? »
Car, comme le note Gwénaëlle Hervé (Proximus NXT), le marché évolue à grande vitesse, avec de nombreux acteurs proposant une gamme de solutions de plus en plus large, adaptées à des besoins variés. Trop, c’est sûr. Et c’est, aujourd’hui, tout le problème. Comment faire de la souveraineté un véritable levier économique ? « La souveraineté numérique n’est plus un enjeu opérationnel ; elle devient un levier direct de compétitivité, de résilience et d’indépendance économique. »
Julien Winkin (LUXGAP), expert reconnu en cybersécurité et conformité réglementaire, élu DPO of the Year 2023, partage le même point de vue. Depuis plusieurs années, la conformité s’impose comme une fonction stratégique pour les entreprises. D’abord perçue comme une contrainte réglementaire, elle est désormais reconnue comme un levier de gouvernance, de confiance et, par là même, de compétitivité.Mais cette évolution n’est pas sans paradoxe : certaines entreprises voient encore la conformité comme une charge coûteuse, tandis que d’autres en font un pilier de leur stratégie.
Continuer !
Dans un monde où les réglementations, les menaces et les réalités géopolitiques évoluent plus rapidement que la capacité d’adaptation des organisations, la continuité n’est plus une discipline statique. Pour Gregory Descamps (UCB) et Christian De Boeck (SYNERGIT), qui animeront le keynote d’introduction de la convention, sur le thème « La continuité dans un monde fragmenté : souveraineté, sécurité et menaces émergentes », on évolue dans un paysage de menaces de plus en plus fragmenté, redéfinissant la continuité d’activité et la résilience opérationnelle.
Soyons clairs : la conformité nous donne bonne conscience, rien de plus ! C’est peut-être la confusion la plus coûteuse du moment. On produit des audits, on obtient des certifications, on coche des cases pour NIS2, DORA, ISO 27001 et on en tire la conclusion implicite qu’on est protégés. Sauf qu’un audit dit ce qu’on était à la date où il a été conduit. L’attaquant, lui, n’a pas attendu.
Le keynote abordera également la façon de donner du sens à une disruption permanente, de hiérarchiser ce qui compte réellement et d’identifier les priorités sur lesquelles les dirigeants doivent concentrer leur attention pour rester résilients et garder le contrôle.
Résilience, mais encore ?
De nombreuses organisations se disent « résilientes », mais leur culture s’effondre souvent sous une pression réelle, estime Fabien Bénéteau, (f24). Instabilité économique, conflits armés en Europe, événements climatiques extrêmes de plus en plus fréquents et réglementations de plus en plus nombreuses. A l’ère de la « permacrise » et d’une volatilité croissante, la résilience n’est plus une option, c’est un facteur clé de réussite pour les organisations.
Au cours de sa conférence, Fabien Bénéteau mettra en lumière les problèmes de mentalité, souvent invisibles, qui fragilisent silencieusement la préparation et la prise de décision.
À travers trois enseignements clairs et parfois surprenants, il expliquera comment développer un état d’esprit capable de réagir avec plus d’intelligence. Comment, aussi, s’adapter plus rapidement et éviter cette fausse confiance qui met les organisations en danger. « Attendez-vous à quelques vérités inconfortables, mais aussi à des solutions concrètes et directement applicables », prévient Fabrice Bénéteau.
Le concept de MVC appliqué à la résilience
Et si l’on déplaçait l’attention de la reprise complète vers le maintien de la création de valeur critique en période de perturbation en se concentrant sur la forme minimale viable de l’organisation dans son ensemble, y compris ses structures et capacités fondamentales, plutôt que sur les seuls résultats ?
Telle est la proposition de Roy Coppieters (PwC) qui nous invitera, au cours de la session « De la préparation à la résilience : quand demain il pleut encore », à explorer la manière dont les organisations peuvent appliquer le concept de MVC (Minimum Viable Company) afin de maintenir l’efficacité de leur mission sous une pression durable.
« Le MVC est désormais un concept stratégique qui applique la même logique à l’échelle de l’entreprise, offrant aux dirigeants une architecture de survie délibérée, avance Roy Coppieters. Il protège ce qui doit perdurer, tandis que tout le reste devient optionnel, évolutif ou sacrifiable. »
En termes simples, le MVC consiste à créer une organisation rationalisée, allégée, plus agile et adaptable. Plus largement, il s’agit d’optimiser les opérations et les chaînes d’approvisionnement, de se concentrer sur les segments de clientèle les plus rentables et d’utiliser la technologie pour automatiser les processus et améliorer l’efficacité.
L’ESG, du développement durable à la cybersécurité
« À l’ère des crises multiples -des bouleversements géopolitiques et de l’instabilité climatique aux tensions sociales- les stratégies traditionnelles et les plans de reprise ne suffisent plus », estime Christian De Boeck.
Au cours de la session « Construire une résilience organisationnelle en utilisant l’ESG comme bouclier stratégique », le patron de SYNERGIT explorera la manière dont les critères ESG constituent un cadre solide pour renforcer la résilience et la souveraineté des organisations.
La raison en est simple : aujourd’hui, les organisations sont totalement dépendantes des données et des processus numériques. Les incidents concernant l’intégrité des données, les risques liés à la chaîne d’approvisionnement et les violations de données ont une incidence directe sur la notation ESG, la réputation et la responsabilité juridique d’une entreprise.
Alain de Fooz


