Le point d’inflexion pourrait être atteint d’ici 2030

Selon un rapport du Boston Consulting Group, les entreprises ont investi dans l’informatique quantique davantage que les laboratoires de recherche et les gouvernements. C’est une première. Et donc un tournant dans l’intérêt commercial porté à cette technologie.

Ici c’est HSBC et IBM qui utilisent l’informatique quantique pour améliorer le trading automatisé d’obligations. Là, AstraZeneca, IonQ, AWS et Nvidia qui simulent la synthèse de molécules médicamenteuses. Relevons encore Airbus, BMW et Quantinuum qui modélisent l’efficacité des piles à combustible.

Pour ces industriels, le moment est venu d’investir afin d’être opérationnels dès le départ, avec les talents, l’infrastructure de données et les cas d’usage adéquats, lorsque la technologie sera enfin prête à être commercialisée. Certains de leurs investissements sont également défensifs : ils visent à sécuriser leurs systèmes et applications en prévision du jour où l’informatique quantique pourrait compromettre les technologies de chiffrement actuelles.

Pour le Boston Consulting Group -qui a interrogé les 25 plus grandes entreprises mondiales en termes de capitalisation boursière, réparties dans 11 grands secteurs d’activité, dont la santé, les services financiers et l’énergie, pour un échantillon total de 275 entreprises- le point d’inflexion, c’est-à-dire le moment où la technologie commencera à créer de la valeur commerciale pour les utilisateurs finaux, pourrait être atteint d’ici 2030.

Des machines, oui. Mais pour quelle création de valeur ?

Malgré cette effervescence, le BCG a également constaté un risque émergent : les nouvelles machines quantiques, aussi puissantes soient-elles, pourraient ne pas tenir leurs promesses en matière de création de valeur.

De fait, si des gains de vitesse théoriques sont réalistes à l’avenir, les algorithmes d’application concrets restent encore peu nombreux par rapport aux feuilles de route matérielles ambitieuses. Le risque, soulève le BCG, serait de « voir émerger des capacités quantiques stupéfiantes, mais peu utiles pour résoudre les problèmes du monde réel. »

Combler cet écart entre potentiel et utilité exige une collaboration étroite entre chercheurs universitaires, entreprises technologiques, utilisateurs finaux et experts du domaine, afin d’élaborer des solutions structurelles. Les entreprises doivent se coordonner avec les fournisseurs de technologies pour développer des applications ciblées. 

Rien n’est gagné, même si le calendrier est serré.