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Numérique : l’enseignement francophone à la traine

Août 24, 2020 | Latest, Mobility | 0 commentaires

Si l’enseignement numérique a explosé au plus fort de la crise sanitaire, la Fédération Wallonie-Bruxelles montre aussi son retard sur le reste de l’Europe.

L’enseignement francophone à la traine. En Europe, 87 % des enseignants ont demandé à leurs élèves de s’exercer ou d’exécuter des tâches via une plateforme numérique. En Fédération Wallonie-Bruxelles, 64 % seulement. Quid pour la prochaine année scolaire ?

Bien évidemment, la numérisation s’est accélérée dans l’enseignement européen dès la mi-mars. Ainsi, l’utilisation de Wazzou, la plateforme numérique dédiée à l’enseignement primaire. Celle-ci est passée de 16,6 K utilisateurs uniques durant l’année scolaire 2018-2019 à 72 K utilisateurs uniques pour l’année scolaire 2019-2020. Sur toute l’année scolaire -du 1er septembre au 30 juin- 25,8 M d’exercices ont été réalisés. Soit cinq fois plus que l’année scolaire précédente. Udiddit, la plateforme destinée à l’enseignement secondaire, est passée de 11,9 K utilisateurs uniques en 2018-2019 à 34,6 K utilisateurs uniques en 2019-2020.

Peu de tests numériques

N’empêche : cette accélération est à nuancer. Sanoma Learning, la maison-mère de l’éditeur éducatif Van In, a lancé début juin une enquête européenne auprès des enseignants du primaire et du secondaire. Objectif ? Mesurer les effets du coronavirus sur la manière d’enseigner.

Bien évidemment, la façon d’enseigner a changé. Premier constat : la proportion des cours à distance dédiés à l’ensemble de la classe est passée de 17 % à 79 %. Deuxième constat : le nombre d’enseignants ayant demandé à leurs élèves d’effectuer des exercices ou des tâches sur une plateforme numérique a progressé de 59 % à 87 %. Quant au nombre d’enseignants qui ont eux-mêmes enregistré des webcasts, il est passé de 7 % à 35 %. Enfin, l’utilisation de tests numériques a augmenté de 13 % à 27 %.

Plus de temps de préparation pour les professeurs

A travers l’étude, il a également été demandé aux enseignants combien de temps, selon eux, les élèves ont consacré à l’école en ligne et à leurs devoirs. 59 % des enseignants de l’enseignement francophone estiment que leurs élèves y ont consacré moins de temps. Pour 19 %, ce fut plus de temps.

67 % des enseignants ont estimé que leur temps de préparation des leçons à distance a été supérieur à celui consacré en temps «normal». Pour 14% des enseignants, il a été inférieur.

«Nous pensons que combiner le numérique avec l’instruction en classe, en particulier en faisant jouer leur valeur ajoutée respective, est le moyen idéal pour parvenir à construire le meilleur des mondes, estime Winfried Mortelmans, CEO, Van In . Il faut donc poursuivre sur cette voie. Et donc continuer à utiliser la force du numérique de la bonne manière. La qualité de l’enseignement n’en sera que meilleure.»

La Fédération Wallonie-Bruxelles en retard

Si ces résultats montrent un effort notable, ils indiquent aussi un retard par rapport à la moyenne européenne. C’est très net au niveau de la réalisation des tâches ou des exercices en ligne. 30 % en Fédération Wallonie-Bruxelles, contre 59 % en moyenne en Europe. Durant la crise, 64 % des enseignants y ont eu recours, contre 87 % en moyenne dans les pays interrogés… et 89 % en Flandre !

Autres indices : moins de webcasts pendant la crise corona (21 %) qu’en Europe (35 %). D’autres matériaux pédagogiques ont également été envoyés via e-mail. 66 % dans l’enseignement francophone contre 56 % en Europe. Les vidéos pédagogiques ont été beaucoup moins utilisées par la Fédération Wallonie-Bruxelles qu’en Europe durant la période du coronavirus. Le rapport est de quasi 1 à 2 : 38 % contre 70 % en Europe.

En revanche, concernant les tests numériques, si 13 % des enseignants en Europe utilisaient déjà cette fonction ante corona, c’était déjà 18% en Fédération Wallonie-Bruxelles !

Des écarts, parfois des similitudes

75 % des enseignants considèrent qu’il est plus difficile que d’habitude d’enseigner à l’ensemble de la classe. Soit, ici, un pourcentage similaire à la moyenne européenne qui est de 77 %.

En moyenne, 59 % des enseignants de l’enseignement francophone estiment que leurs élèves ont consacré moins de temps à l’école et aux devoirs en ligne que d’habitude. Cette estimation est identique à la moyenne européenne.

Enfin, plus d’enseignants européens (80 %) que d’enseignants bruxellois francophones (67 %) ont passé davantage de temps à la préparation des cours à distance, contrairement à la période ante corona.

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