Les dépenses en IA augmentent rapidement et de manière opaque, observe Harness
Retour brutal à la réalité. De l’argent gaspillé sans responsable ni explication. Les entreprises estiment que 26 % des dépenses totales en IA sont perdues.
Les dépenses en IA ne sont plus cantonnées à une seule équipe, un seul outil ou une seule ligne budgétaire. Elles augmentent simultanément dans l’infrastructure, les logiciels et les modèles, à un rythme que la plupart des organisations ne peuvent suivre.
Personne n’est clairement responsable des coûts de l’IA, constate Harness, société spécialisée dans les plateformes de développement logiciel d’IA, dans son rapport « 2026 State of AI in FinOps ». 52 % des répondants affirment qu’il n’y a pas de responsable clairement identifié. La responsabilité est partagée entre l’ingénierie, les opérations financières, la finance et l’informatique. Ainsi, lorsque les dépenses augmentent, personne n’est en mesure d’en rendre compte.
Des questions fondamentales restent sans réponse. De fait, qui prend en charge la facture ? Pourquoi cette explosion des coûts ? Et ces dépenses sont-elles rentables ?
Une catégorie budgétaire récurrente
Ce manque de responsabilité se traduit par des surprises récurrentes. 72 % des entreprises ont subi une hausse inattendue de leurs coûts ou de leur facture liée à l’IA au cours de l’année écoulée. Et un tiers d’entre elles (33 %) ont été prises au dépourvu à plusieurs reprises.
Même après la survenue de cette surprise, la plupart sont incapables d’en identifier la cause. Si les dépenses doublaient du jour au lendemain, seules 20 % seraient capables d’en trouver la raison en quelques heures. « Les dépenses liées à l’IA, autrefois une ligne budgétaire source de surprises occasionnelles, sont devenues une catégorie budgétaire récurrente », explique Patrick Brogan, Director, FinOps Advisory, Harness.
Résultat : de l’argent gaspillé sans responsable ni explication. Les entreprises estiment que 26 % des dépenses totales en IA sont perdues.
Comme le cloud, il y a dix ans…
Ce constat rejoint les conclusions de Harness publiées début 2026. Le rapport « State of Engineering Excellence 2026 » a démontré que les équipes d’ingénierie mesurent les gains de productivité de l’IA avec des outils qui ne permettent pas d’identifier les éléments essentiels.
Le même angle mort se manifeste désormais en finance. Les dépenses augmentent plus vite que la capacité des organisations à les identifier, les attribuer ou les expliquer.
« Les problèmes que nous observons -factures exorbitantes, confusion quant à la responsabilité, lacunes de gouvernance- sont les mêmes que ceux rencontrés par le secteur avec le cloud il y a dix ans. En revanche, ils sont concentrés sur une période beaucoup plus courte, continue Patrick Brogan. La question de la responsabilité est au cœur du problème. Il s’agit fondamentalement d’un défi organisationnel. Amener les équipes à intégrer la maîtrise des coûts dès la conception, comme principe fondamental et non comme simple considération a posteriori, représente le changement le plus difficile, mais aussi le plus important. »



