Les trois priorités du Beltug Priorities Compass 2026 sont toutes liées à l’IA

L’IA, la souveraineté numérique et la résilience façonnent l’agenda des responsables numériques belges. Mais avant tout, une IA de manière contrôlée. Ce qui suppose une réelle politique.

L’IA domine. Une surprise ? La liste des priorités établie par Beltug à partir de son enquête comprend 50 thématiques, dont plus d’un quart sont liées à l’IA ! Les résultats du Beltug Priorities Compass 2026 (300 personnes ont participé à l’enquête) indiquent que les organisations belges entrent dans une nouvelle phase où leur approche de l’IA devient de plus en plus cruciale.

« Nous passons des projets pilotes et de l’utilisation ponctuelle d’applications d’IA à une dynamique où des choix stratégiques s’imposent et où les entreprises souhaitent mettre en place une véritable politique d’IA, précisément en raison de l’importance et de l’impact de cette technologie, y compris sur le plan financier », commente Ann Guinée, Communication Manager and Operations Lead, Beltug 

Les trois priorités principales des membres de Beltug pour l’année à venir sont la gouvernance de l’IA, à savoir rendre l’IA éthique, conforme et transparente ; l’intégration et l’orchestration de l’IA au sein des opérations de l’organisation et, enfin, la gestion des risques de sécurité liés à l’IA.

Gouvernance, maturité…

La gouvernance de l’IA se distingue nettement parmi ces priorités. Pas moins de 64 % des utilisateurs ICT en entreprise indiquent rechercher un cadre pour déployer l’IA de manière éthique, transparente et conforme à la législation.

« Naturellement, les organisations souhaitent saisir les opportunités offertes par l’IA. Mais leur gouvernance et leur maturité organisationnelle doivent évoluer au même rythme, observe Marieke Laeremans, Project Manager, Beltug. Toutes les organisations sont confrontées à ce défi, c’est pourquoi nous veillons à ce qu’elles puissent partager leurs expériences au sein de la communauté Beltug. »

Les CIO souhaitent instaurer un dialogue avec leur conseil d’administration

La gouvernance est un autre fil conducteur des priorités. Outre la gouvernance de l’IA, des thèmes tels que « Rendre compte et soulever les sujets spécifiques aux ICT auprès du conseil d’administration » et « Suivre la stratégie informatique via des KPI » sont fréquemment mentionnés par les membres du Beltug. Cela souligne la nécessité croissante de renforcer la supervision, la responsabilisation et la prise de décision.

Les CIO souhaitent dialoguer à ce sujet avec leur conseil d’administration, qui supervise la stratégie, les finances et la gestion des risques. La numérisation bouleverse chacun de ces domaines et, par conséquent, les administrateurs devront de plus en plus prendre en compte son impact (potentiel), notamment en matière d’IA, de gestion des données, de dépendance vis-à-vis des principaux fournisseurs informatiques et de cybersécurité. De nombreux responsables du numérique cherchent donc à savoir comment aborder au mieux les sujets liés aux ICT avec leur conseil d’administration.

L’enquête révèle également que la cybersécurité est de plus en plus intégrée à d’autres thématiques stratégiques. Les organisations se concentrent désormais sur la résilience, la gestion des risques opérationnels et la continuité d’activité. Il s’agit donc non seulement de savoir comment éviter les incidents, mais aussi comment les organisations peuvent continuer à protéger et à maintenir leurs processus critiques en cas de perturbation.

La dépendance numérique est plus forte que jamais

Les dépendances stratégiques et l’évolution géopolitique demeurent des priorités majeures pour les responsables du numérique. Leur impact sur l’autonomie, le contrôle et la gestion des risques devient un critère central dans les choix technologiques.

En effet, les organisations européennes sont fortement dépendantes des fournisseurs de services cloud et de logiciels non européens. Les entreprises cherchent à identifier les risques afin de les atténuer. Beltug constate que les CIO recherchent de plus en plus activement des alternatives européennes.

Dans le contexte de la souveraineté numérique, plusieurs questions se posent. Ainsi : « quelles données et applications critiques souhaitez-vous protéger davantage, par exemple contre l’accès par des gouvernements étrangers en vertu de leur propre législation ? », explique Danielle Jacobs, CEO, Beltug. « De plus, il convient de se demander comment empêcher que les modèles d’IA des fournisseurs de services cloud soient entraînés à partir de vos données métier. » ICT et RH : la collaboration est essentielle.

HR et ICT, le nécessaire rapprochement

Enfin, il est frappant de constater qu’une collaboration plus étroite entre ressources humaines et technologies de l’information figure parmi les priorités. Les CIO et les équipes IT sortent de plus en plus de leurs rôles traditionnels et consultent activement leurs collègues HR, notamment sur l’impact de l’IA sur le lieu de travail et sur la manière dont une organisation peut développer ou acquérir les compétences nécessaires.

« Le numérique est désormais incontournable dans tous les lieux de travail. Les applications d’IA se généralisent. Le déploiement d’agents d’IA peut être très perturbateur et exige des organisations qu’elles harmonisent leur politique HR et leur stratégie ICT. C’est la seule façon pour l’IA d’être mise en œuvre et intégrée avec succès dans les opérations quotidiennes », conclut Danielle Jacobs.