Une alternative européenne à Palantir pour trier et croiser les données militaires

Avec HexaForce, Thales veut s’attaquer à l’un des problèmes les moins visibles mais essentiels du combat moderne : faire circuler correctement les données entre des dizaines de systèmes différents. Ouvert et souverain.

« Certaines armées ont besoin de leur propre plateforme de données, d’autres des interfaces d’échanges entre alliés à des niveaux opérationnels multiples pour compléter leur système, et d’autres encore des fonctions de commandement multi-domaines plus rapides, qui exploitent massivement l’intelligence artificielle la plus avancée. Avec HexaForce, Thales offre une solution souveraine pour adresser chacun de ces besoins et redéfinit les standards du commandement multi-domaine pour l’OTAN et les pays alliés dans un contexte d’accroissement des conflits de haute intensité. »

Christophe Salomon, Executive Vice-President, Secure Communications & Information Systems, Thales, présente HexaForce comme un système de contrôle et de commandement multi-domaine, capable d’intervenir sur l’ensemble des espaces de confrontation : terre, air, mer, cyber, champ électromagnétique, espace et champ informationnel. Résiliente, notamment grâce à son architecture distribuée, la solution orchestre l’ensemble des systèmes présents dans les forces armées et les coalitions pour accélérer la prise de décision et fournir un avantage à tous les niveaux opérationnels.

Du quartier général au bataillon

HexaForce est un système C4l (Command, Control, Communications, Computers and Intelligence). Derrière cet acronyme se trouve une architecture logicielle chargée de connecter les données et les applications utilisées par les états-majors. Thales explique l’avoir conçue pour fonctionner depuis le quartier général national jusqu’au niveau du bataillon.

Thales promet un changement d’échelle, porté par cortAIx, l’accélérateur d’IA du groupe français. En intégrant des LLM et des briques d’IA agentique, le système affiche des flux de données, mais surtout les traduit, les corrèle et propose des options d’engagement sur le terrain ou dans le cyber espace.

L’objectif industriel assumé par Thales est d’accélérer la boucle OODA (Observer, Orient, Decide, Act). L’automatisation du tri des données d’origines militaires, civiles et ouvertes doit permettre une volumétrie de traitement inédite.

Les phases d’expérimentations préparent la montée en puissance du système afin de passer de 100 à 1 000 objectifs de ciblage par jour. Cette supériorité opérationnelle s’appuie sur le retour d’expérience d’Artemis.IA, plateforme déployée depuis 2023 au sein du ministère des Armées français, dont l’architecture centrée sur la donnée a fait ses preuves dans le traitement de données multi-sources et la montée en puissance.

Une architecture ouverte et interopérable

HexaForce est aujourd’hui le seul système sur le marché capable d’orchestrer l’ensemble des équipements présents dans les forces armées et les coalitions, de l’échelon stratégique au niveau tactique. Il s’appuie sur un réseau de données distribué et résilient face aux fortes dégradations de communication.

La solution est dotée d’une architecture ouverte, interopérable, testée notamment lors de l’exercice OTAN CWIX 2026 et s’appuie en outre sur des standards open-source. Cette architecture permet à l’utilisateur d’avoir le contrôle total sur la circulation des données d’entrée et de sortie sans avoir à les partager.

Contrairement aux systèmes fermés, elle permet aux Etats d’associer les partenaires technologiques de leur choix dans un environnement modulaire sous contrôle afin de combiner performance de commandement et souveraineté.

Sur les terres de Palantir

Avec HexaForce, Thales arrive sur un terrain déjà occupé par Palantir. Si les deux offres ne sont pas identiques, elles cherchent à résoudre la problématique de la récupération des données dispersées entre différentes sources, les rapprocher et les rendre directement exploitables pour la planification et la conduite des opérations.

De son côté, Thales insiste sur le caractère « ouvert » et « souverain » de sa solution. Concrètement, l’entreprise promet qu’un Etat pourra continuer à utiliser ses propres logiciels et intégrer ceux d’autres industriels, plutôt que de faire reposer l’ensemble du système sur les seules applications de Thales.