La Belgique en 23ème position sur 27. Une trop grande dépendance vis-à-vis des Etats-Unis
Selon l’EDRIX Index 2026, les principaux sites web officiels des gouvernements de Lituanie, de Malte, d’Irlande, de Belgique et des Pays-Bas restent fortement dépendants de l’infrastructure US.
« A Continent at a Crossroads », illustrent les promoteurs de l’EDIX Index 2026, l’indice européen de résilience numérique. Les services publics essentiels de pays comme la France, la Suède et le Danemark dépendent d’infrastructures contrôlées par les États-Unis, tandis que les services de messagerie des administrations publiques d’une douzaine d’États membres, dont la Belgique et l’Italie, sont gérés par des fournisseurs américains, exposant ainsi des données publiques sensibles à des juridictions étrangères et compromettant la souveraineté même que nos politiques prétendent protéger.
L’Autriche occupe la première place avec un score EDRIX de 7,43 sur 10, devançant de peu l’Allemagne (7,28). Le classement s’est resserré : la Finlande (7,13), la Slovénie (6,60) et l’Estonie (6,53) suivent, les cinq premiers pays étant séparés par un seul point.
Dans le détail, les principaux sites web officiels des gouvernements de Lituanie, de Malte, d’Irlande, de Belgique et des Pays-Bas restent fortement dépendants de l’infrastructure américaine, Malte et la Lituanie se retrouvant en bas du classement du secteur public (0,00 et 1,11 sur 10 respectivement). Avec une note de 3,79 sur 10, la Belgique figure en 23ème position sur 27 ! La résilience du secteur public (4,44) est un rien meilleur que celle du secteur privé (4,37).
Construire un « EuroStack » résilient et souverain
L’EDRIX scrute, au-delà de la communication et des décisions politiques, les résultats -ou l’absence de résultat- des politiques mises en œuvre, lorsqu’elles existent. Il s’agit d’un outil pratique conçu pour mettre en évidence ces faiblesses structurelles, orienter la politique industrielle désormais nécessaire pour construire un « EuroStack » résilient et souverain, et d’en mesurer l’impact.
Les observations d’EDRIX révèlent une réalité qui donne à réfléchir. D’abord, l’impératif économique d’une fuite annuelle de 264 milliards d’euros vers le secteur technologique américain. Ensuite, l’urgence géopolitique dans la foulée de l’effondrement de l’ancienne alliance transatlantique, qui a transformé la dépendance numérique de l’Europe en un échec stratégique critique.
Dépendance ou allégeance ?
En matière de résilience du secteur public, l’Autriche, la Croatie, la Roumanie et la Slovénie dominent. Dans ces quatre pays, tous les domaines gouvernementaux, chefs d’État et capitales étudiés sont hébergés sur des infrastructures européennes et exploités par un fournisseur de l’UE. Les 23 autres États membres possèdent tous au moins un de ces trois domaines hébergés sur des infrastructures non européennes !
Certaines situations tiennent du paradoxe. Ainsi, les Pays-Bas affichent la plus forte densité de développeurs par habitant de l’UE et, simultanément, l’un des scores d’hébergement du secteur privé les plus faibles (4,03). Parmi les domaines .nl à fort trafic mesurés, 54 % sont hébergés par des fournisseurs américains ! Autre cas mis en avant, l’Irlande. Le pays figure parmi les états européens les plus performants en matière de densité de développeurs, mais affiche un score nul en matière de résilience du secteur privé.


