Les services cloud souverains d’OVHcloud sélectionnés pour l’euro numérique par la Banque Centrale Européenne

OVHcloud fournira l’infrastructure nécessaire au développement de l’euro numérique. Ce choix stratégique de la BCE souligne l’importance de préserver la souveraineté numérique en Europe.

Un choix qui situe l’engagement de la BCE. Alors que les technologies numériques s’apprêtent à redessiner les économies modernes, l’Europe faisait face à un choix stratégique crucial : accepter une dépendance stratégique ou reprendre le contrôle de sa propre destinée.

L’euro numérique, ancré dans un cloud souverain européen, confirme le choix de préserver notre souveraineté monétaire, il renforce aussi la compétitivité du système de paiement européen. Concernant l’infrastructure de support, Sylvie Houliere Mayca, Head of France-Middle East-Africa-BeLux, OVHcloud, parle de « services cloud sécurisés, conformes et innovants, opérés depuis des centres de données certifiés en Europe.»  

Un projet, cinq composants

Sur le plan technique, le projet repose sur une architecture modulaire, avec plusieurs briques confiées à différents prestataires. La BCE a ainsi lancé des appels d’offres pour cinq composants, allant de la gestion des fraudes à l’application utilisateur.

Au coeur du système, et donc des échanges de données de paiement, le composant SEPI (Secure Exchange of Payment Information) a été attribué à l’allemand Senacor Technologies. C’est dans ce cadre qu’OVHcloud interviendra, en fournissant l’infrastructure cloud qui le soutiendra et qui sera opérée depuis ses data centers européens.

Si Senacor Technologies apparait comme le principal prestataire, la BCE a signé en octobre dernier des accords-cadres avec différents fournisseurs pour les cinq composantes numériques de l’euro et les services associés : Almaviva SpA, CapGemini GmbH, equensWorldLine, Fabric SpA, Feedzai, Giesecke+Devrient, Sapient GmbH et Tremend Software Consulting Software.

Coexistence avec les espèces

Cette sélection ne veut toutefois pas dire « déploiement ». À ce stade, la BCE précise que ces accords n’impliquent encore aucun paiement et que le développement effectif des composants reste conditionné aux décisions ultérieures du Conseil des gouverneurs et à l’avancement du cadre législatif européen…

La nature même du projet mérite d’être précisée. L euro numérique ne correspond pas à une cryptomonnaie au sens habituel du terme. Selon la BCE, il s’agit plutôt d’une forme numérique des espèces, émise par la banque centrale, accessible à tous dans la zone euro et destinée à compléter les billets et les pièces. L’usage visé couvre les paiements en magasin, en ligne et entre particuliers. La BCE insiste également sur le fait que l’euro numérique doit coexister avec les espèces, offrir un haut niveau de confidentialité et ne pas être assimilé à un crypto-actif privé.

Des phases de test dès 2027

Le calendrier reste progressif. Et repose sur une hypothèse précise : si la législation européenne nécessaire est adoptée au cours de 2026, une phase pilote pourrait débuter en 2027 avec une première émission potentielle en 2029.

La décision finale d’émettre, elle, n’a toujours pas été prise. La BCE a en parallèle chiffré le coût total de développement jusqu’à une première émission autour de 1,3 milliard, avec ensuite des coûts opérationnels annuels estimés à environ 320 millions à partir de 2029.