La simple disponibilité ne suffit plus à garantir la confiance au sein des systèmes et des données interconnectés
Pendant des décennies, la résilience a été principalement évaluée à travers deux questions : le service est-il disponible et, en cas de problème, à quelle vitesse peut-il être rétabli ? Ces indicateurs restent pertinents, mais l’IA place la barre plus haut, analyse Jim O’Dorisio, SVP & GM, HPE Storage
« Aujourd’hui, un modèle d’IA peut rester opérationnel, continuer à générer des résultats et sembler fonctionner normalement, alors même que le contexte dont il dépend a été perturbé. À l’ère de l’IA, les défaillances en matière de résilience peuvent être complexes à détecter et à circonscrire. »
À mesure que l’IA s’intègre aux activités des entreprises, la résilience doit désormais prendre en compte un environnement interconnecté composé de charges de travail, d’agents, de données, d’applications et d’infrastructures.
Pourquoi l’IA rehausse les exigences en matière de résilience
Les systèmes d’IA reposent sur une multitude de composants qui interagissent entre eux. Modèles, agents, flux de données, bases de données vectorielles, services d’inférence, applications et infrastructures : autant d’éléments susceptibles d’influencer les résultats. Une perturbation survenant à un maillon de cette chaîne peut affecter les opérations d’IA sans pour autant provoquer une panne au sens traditionnel du terme.
L’IA peut également amplifier la rapidité et l’ampleur d’un incident opérationnel. Les agents sont capables d’interagir avec des données et des applications, et d’exécuter des actions à une vitesse propre aux machines. « Il devient donc crucial de savoir identifier une perturbation, en limiter l’impact et restaurer l’environnement sous-jacent, continue Jim O’Dorisio. L’objectif n’est pas seulement de maintenir l’IA en état de marche, mais de bâtir une fondation résiliente garantissant la fiabilité des opérations d’IA. »
L’infrastructure : une base, mais pas une garantie
L’infrastructure joue un rôle essentiel, qu’il convient toutefois de bien définir. Elle contribue à protéger les charges de travail et les données dont dépend l’IA, assure la capacité de récupération dans des environnements hybrides et offre un chemin fiable pour rétablir la situation en cas de perturbation.
En revanche, l’infrastructure ne peut, à elle seule, garantir l’exactitude des données, assurer la justesse de chaque décision prise par l’IA, ni annuler systématiquement toutes les actions effectuées par un agent. Ces résultats dépendent également des modèles d’IA, des applications, de la gouvernance, des contrôles de sécurité et des processus opérationnels qui y sont associés.
Par conséquent, juge Jim O’Dorisio, l’intérêt d’une infrastructure résiliente ne réside pas dans le fait qu’elle rendrait l’IA infaillible, mais plutôt dans le fait qu’elle offre aux organisations une base plus solide pour protéger les dépendances critiques, contenir les perturbations et restaurer les charges de travail et les données vers un état sain et connu, tout en respectant les exigences en matière de sécurité, de résidence des données et de gouvernance auxquelles l’entreprise est soumise.
La résilience se mesure de plus en plus à travers la confiance accordée à l’environnement restauré
« Nos clients soulignent déjà que la résilience ne se limite pas au maintien en ligne des systèmes, observe Jim O’Dorisio. Lors de récentes discussions consultatives axées sur la cyber-résilience, les organisations ont mis en avant trois priorités : la garantie que la restauration sera efficace, la confiance dans les résultats de cette restauration et la preuve que les données restaurées sont saines et sécurisées. »
Les clients ont également manifesté un intérêt pour l’utilisation de l’IA dans la prise de décision lors des processus de restauration, tout en insistant sur le fait que l’approbation humaine doit demeurer indispensable. En somme, la résilience se mesure de plus en plus à travers la confiance accordée à l’environnement restauré, et non plus seulement par la simple disponibilité des services.
Ce que les clients devraient exiger
Les clients ne devraient pas se contenter de simples promesses de disponibilité. Ils devraient exiger de leurs fournisseurs qu’ils démontrent comment leur infrastructure prend en charge des opérations d’IA dignes de confiance.
Et qu’ils soient en mesure de prouver la protection des charges de travail et des données connectées. « L’IA ne fonctionne pas de manière isolée. Les fournisseurs doivent démontrer comment ils protègent les charges de travail, les applications et les dépendances de données qui soutiennent l’IA au sein d’un environnement interconnecté, sur l’ensemble d’une infrastructure hybride. »
Qui dit protéger dit aussi restaurer vers un état sain et connu, dans le respect des exigences de gouvernance. « En cas de perturbation, les organisations ont besoin d’un processus de restauration fiable. Les fournisseurs doivent montrer comment les charges de travail et les données peuvent être restaurées rapidement et de manière granulaire vers un état sain et connu, tout en préservant les exigences en matière de sécurité, de résidence des données et de gouvernance. »
Enfin, démontrer que la restauration est réellement opérationnelle. La restauration ne peut reposer sur de simples suppositions. Les fournisseurs doivent permettre des validations régulières et des tests réalistes, afin que les organisations disposent de la preuve que leurs services et données critiques peuvent être restaurés, même lorsque les environnements, les dépendances et les risques évoluent.
Donner, la confiance
L’IA peut également renforcer cette approche, insiste Jim O’Dorisio. Intégrée dans un cadre de contrôle rigoureux, elle facilite la détection d’anomalies, la surveillance continue, une remédiation plus rapide et l’obtention de preuves plus solides quant à la capacité de restauration. « Cette même technologie, qui peut engendrer une complexité opérationnelle accrue, est également un atout précieux pour permettre aux équipes de réagir avec davantage de rapidité et de précision. »
Bref, à l’ère de l’IA, la résilience ne se résume plus à la simple disponibilité des technologies. Il s’agit de donner à l’entreprise la confiance nécessaire pour continuer à avancer lorsque surviennent des perturbations.


