Le véritable défi est désormais d’ordre organisationnel et managérial
Malgré une adoption massive de l’IA en entreprise et des gains de productivité pour les salariés, les entreprises ont encore du mal à en transformer les effets en valeur concrète. Le rapport « AI at Work: Strategy Matters More Than Tools » du Boston Consulting Group met en avant ce paradoxe.
Les gains de l’IA sont réels. 42 % des utilisateurs réguliers de l’IA gagnent jusqu’à une journée de travail par semaine. Pourtant, 66 % d’entre eux ne reçoivent aucune consigne sur l’utilisation de ce temps libéré. Et plus de la moitié ne le réorientent pas vers des tâches à plus forte valeur ajoutée…
« L’IA a redéfini la façon dont nous passons nos journées de travail, la perception de nos performances et nos compétences nécessaires à leur réussite. Mais ces changements n’ont pas encore été intégrés par les entreprises dans leurs systèmes de gestion et leur structure organisationnelle », observe le BCG.
Le bilan est globalement positif
72 % des personnes interrogées affirment que l’IA a modifié les attentes en matière de compétences, et 67 % estiment qu’elle a pris en charge des tâches plus simples, les laissant ainsi se concentrer sur des missions plus complexes. Le bilan est, globalement, positif.
Presque autant (60 %) déclarent que le niveau d’exigence pour un travail jugé « suffisant » est plus élevé. En même temps, près de la moitié, voire plus, indiquent consacrer davantage de temps à la vérification et à la correction des résultats de l’IA, ou à la gestion et au pilotage de l’IA.
Impliquer les employés
L’IA rend le travail à la fois plus agréable et plus difficile., constate le BCG. Plus des deux tiers des utilisateurs réguliers d’IA se disent plus satisfaits de leur travail depuis qu’ils utilisent cette technologie, notamment les responsables. Et 41 % de l’ensemble des répondants – et 48 % des responsables –font état d’une augmentation de la charge mentale liée à son utilisation.
Les mêmes actions qui génèrent un impact positif sur l’entreprise contribuent également à l’épanouissement des employés, notamment lorsqu’une entreprise agit en cohérence avec sa communication sur l’IA, mesure sa valeur ajoutée et implique les employés dans la conception de nouvelles technologies.
Le « paradoxe du bien-être » lié à l’IA
La clarté stratégique ne se limite pas à la mise à disposition d’outils d’IA : en mesurant l’impact, on constate que les employés qui reçoivent des directives claires sont plus performants que ceux qui ont un accès plus large à ces outils. Communiquer avec les employés sur l’IA dans un langage qui leur parle est également essentiel.
Au début de l’adoption de l’IA par les employés, la nouveauté et la stimulation cognitive qu’elle implique contribuent à leur satisfaction au travail. Avec le temps, une clarté stratégique, une communication pertinente et des directives sur l’utilisation du temps gagné grâce à l’IA permettent de maintenir cet enthousiasme. Les facteurs liés à l’IA qui nuisent à la satisfaction au travail sont les mêmes, quel que soit le niveau d’expérience : difficulté à démontrer la valeur ajoutée de chacun et formation insuffisante.


