Se détacher des réseaux sociaux américains ne sera pas facile -même pour ceux qui critiquent X, dont nombre de personnalités publiques !

Avant X, il y a… W. Cette lettre unique est le nom du nouveau réseau social européen annoncé par Anna Zeiter, ex-eBay, en marge du forum économique de Davos en janvier dernier. Aujourdhui, W est en version publique.

W a reçu le soutien de plusieurs personnalités européennes, dont le président du Conseil européen Antonio Costa. Le dirigeant portugais a publié son premier message sur W en célébrant « une plateforme sur laquelle les données sont entièrement hébergées en Europe, la lutte contre la désinformation est une priorité, et les utilisateurs sont tous des humains vérifiés ».

En effet, le nouveau réseau, basé en Suède, impose à ses membres de prouver leur identité lors de leur inscription. Ceci en scannant passeport ou carte d’identité via une application distincte. Objectnif : s’assurer qu’ils sont bien humains, même s’ils peuvent ensuite utiliser un pseudonyme pour communiquer. Une grande différence, soutient W, avec d’autres plateformes où les faux comptes et autres « bots » pullulent !

Trop de réseaux, en particulier en Europe ?

W, le dernier réseau social arrivé, trouvera-t-il sa voie ? Qu’il s’agisse de W, eYou ou d’Eurosky, les initiatives européennes fleurissent. Bulle, qui se qualifie de « réseau social sain », a vu le jour en janvier. Tandis que Monnett, à mi-chemin entre TikTok et Instagram, doit mettre en ligne sa version aboutie début juillet…

Se détacher des réseaux sociaux américains ne sera pas facile -même pour ceux qui critiquent X, dont nombre de personnalités publiques ! Qui plus est, la vérification de l’identité obligatoire va rendre le service inenvisageable pour les profils « sensibles » à la protection de leur identité comme les lanceurs d’alerte.

Et si la rumeur a circulé quant à un possible investissement d’argent public, la Commission européenne s’en défend. W est bel et bien une initiative privée, financée par des capitaux privés. Le principal actionnaire de référence (25% des parts) est We Don’t Have Time AB, la plateforme média et réseau social dédié à l’action climatique fondée en 2018 par l’entrepreneur suédois Ingmar Rentzhog.

W est dirigé par Anna Zeiter, ex-VP &Chief Privacy Officer (responsable de la conformité IA et des données), eBay. Basée en Suisse, cette juriste allemande est une pointure mondiale de la protection des données.

Nos données, notre argent

Le défi n’est pas moins grand. En Europe, le secteur est largement dominé par les Facebook et Instagram, filiales du groupe Meta. Ensemble, ces deux plates-formes comptent 259 millions d’utilisateurs dans l’UE, devant TikTok (136 millions) et X (115 millions).

« Les réseaux sociaux proviennent de pays situés hors d’Europe. Nous leur donnons notre argent, nos données et notre attention », rappelle fort justement Anna Zeiter.