Peppol divise : un tiers des PME y voit une perte de temps, la moitié un gain

Première évaluation en demi-teinte pour Peppol. Bilan mitigé, analyse Horus Software à l’issue d’une étude réalisée en mars et avril 2026. La transition a été trop abrupte, considère Benjamin Tailleur, COO, Horus Softwar

Les premières amendes Peppol commencent à tomber. Trois mois après l’échéance légale pour la facturation électronique, il apparaît que beaucoup de PME belges ont attendu le dernier moment pour franchir le pas. Plus de la moitié (54 %) ne s’est enregistrée que dans les six derniers mois avant la date limite ; 1 sur 5 (20%) l’a même fait après janvier 2026.

C’est ce que révèle une étude du logiciel de comptabilité IA Horus Software, réalisée par iVox pour le compte de Horus Software entre le 20 mars et le 6 avril 2026, auprès de 345 Belges actifs ayant une vue sur la comptabilité dans des PME de 1 à 250 employés. La marge d’erreur maximale est de 5,23 %.

Maintenant que les amendes sont effectivement appliquées, le bilan de Peppol est mitigé. Près de la moitié des PME (49 %) considère l’e-facturation comme un gain de temps, mais un tiers (31 %) y voit une perte. Sur le plan du coût, les avis divergent aussi : 40 % juge la plateforme comme une dépense supplémentaire, tandis que 28 % y voit plutôt une économie. Près de la moitié (47 %) la trouve facile à utiliser. Un tiers (31%) continue de la trouver complexe.

Les factures ne sont pas nécessairement payées plus vite

L’un des arguments les plus souvent avancés en faveur de la facturation électronique, c’est la rapidité de paiement. La réalité est plus nuancée. Près de la moitié des PME (47 %) ne paie pas ses factures entrantes forcément plus vite via Peppol. Un groupe presque aussi large (40 %) dit que si. Ceci dit, retrouver une facture va plus facilement pour la majorité des répondants (58 %).

Il y a aussi des points positifs. 42 % envoie moins de rappels de paiement grâce à la plateforme, ce qui témoigne d’une amélioration concrète dans le suivi des créances, même si cet avantage reste moins marquant que ce qui avait été annoncé. Au total, 56 % estime que la gestion administrative était tout simplement plus simple avant Peppol.

Un sentiment de sécurité, mais la fraude est bien réelle

Sur le plan de la sécurité, les résultats sont frappants. Près de la moitié (48 %) se sent plus sûr grâce à Peppol. Pourtant, 36 % déclarent faire davantage d’erreurs depuis l’adoption de la plateforme. Et puis il y a ce chiffre révélateur : 6 % des PME interrogées a déjà été confrontée à une fraude via le réseau. Il s’agit le plus souvent de factures erronées ou de transactions suspectes, parfois liées à des factures arrivées sur le mauvais numéro de TVA et pour lesquelles aucune note de crédit ne suit, des mois durant.

« La facturation électronique obligatoire était, selon nous, une bonne initiative des pouvoirs publics. En adoptant les mêmes standards, les entreprises pourraient mieux collaborer et les autorités mieux lutter contre la fraude, explique Benjamin Tailleur, COO, Horus Software. Seulement, la communication a parfois laissé à désirer et la transition a été trop abrupte pour certaines PME, surtout les moins digitalisées. Cela dit, 37% des entreprises ne pourraient aujourd’hui plus se passer de Peppol. Un signal positif, mais la route est encore longue pour les autres. »