La course à l’adoption de l’IA révèle une tension manifeste entre priorité et préparation

IA vs souveraineté, le « faux dilemme » qui bloque les entreprises. Affichée comme stratégique, la souveraineté numérique reste reléguée derrière les priorités d’investissement en IA. 

Si la quasi-totalité des entreprises (98 %) font de la souveraineté numérique une priorité, à peine plus de la moitié (52 %) prennent des mesures concrètes pour y parvenir. Pour SUSE, spécialiste des solutions open source pour entreprises, un fossé grandissant se creuse entre ambition et mise en œuvre.

Le rapport « Navigating Digital Resilience » (309 responsables IT en France, en Allemagne, en Inde, au Japon et aux États-Unis interrogés) est clair : la pression pour innover s’accélère plus vite que l’infrastructure nécessaire à son développement.

« Les organisations sont souvent contraintes de choisir entre accélérer le déploiement de l’IA et préserver leur souveraineté numérique, mais il s’agit d’un faux dilemme, explique Margaret Dawson, Marketing Director, SUSE. L’IA souveraine permet de concilier les deux, en intégrant contrôle, conformité et innovation au sein d’une même infrastructure. »

Le paradoxe de la souveraineté : l’urgence dépasse l’action

Bien que la souveraineté numérique soit largement reconnue comme essentielle à l’IA, de nombreuses organisations n’en sont qu’aux prémices de leur transition. La course à l’adoption de l’IA révèle une tension manifeste entre priorité et préparation.

L’étude est d’autant plus intéressante qu’elle montre de vrais décalages. Ainsi, au sujet du critère de sélection des fournisseurs. 45 % des répondants ont inclus la souveraineté dans leurs appels d’offres récents et 42 % ont finalement sélectionné leurs fournisseurs en fonction de ce critère.

Idem pour la pression externe comme catalyseur. 41 % indiquent n’agir sur la question de la souveraineté que lorsque leurs clients ou la réglementation l’exigent, ce qui suggère que la pression externe demeure le principal catalyseur.

L’IA, moteur de résilience et de risques

L’IA s’impose à la fois comme un catalyseur de la résilience numérique et une source de complexité accrue, obligeant les organisations à repenser le contrôle de leurs données, modèles et infrastructures.

64 % des responsables IT estiment que la transparence de l’IA  -le contrôle de l’entraînement des modèles et de la provenance des données- sera le principal moteur de la résilience numérique au cours des cinq prochaines années. Malgré une augmentation budgétaire inattendue de 20 %, les organisations privilégient massivement l’IA à la souveraineté numérique, ce qui indique que la pression pour adopter l’IA pourrait devancer les efforts déployés pour gérer les risques qu’elle engendre.

Définir la résilience numérique : le contrôle comme fil conducteur 

Si les définitions de la résilience numérique varient, les organisations convergent vers un principe fondamental : le contrôle. La résilience ne se limite plus à la protection, mais vise également à maintenir le contrôle dans des environnements de plus en plus complexes, pilotés par l’IA.

Les principales priorités pour atteindre la résilience incluent la cybersécurité et la détection des menaces (63 %) ainsi que la diversification multicloud ou hybride (52 %). La surveillance continue (44 %) et la sauvegarde et la restauration (45 %) figurent également parmi les composantes essentielles des stratégies de résilience.