Notre pouce parcourt en moyenne 145 kilomètres par an à scroller, l’équivalent de trois marathons

Selon le journaliste François Saltiel et la chercheuse Virginie Sassoon, nous consultons en moyenne notre smartphone 344 fois par jour !  Et de nous inviter à une réflexion : si nous ne pouvons plus vivre sans les écrans, comment apprendre à mieux vivre avec ?

« Faire la paix avec nos écrans, ce n’est pas renoncer, c’est apprendre à riposter pour préserver nos liens et, surtout, réconcilier nos cerveaux sursollicités avec la sagesse de nos corps oubliés. Le temps n’est plus à la culpabilité ni aux promesses irréalistes de déconnexion totale : sortons du sentiment d’impuissance. »

« Faire la paix avec nos écrans » ( Flammarion, 304 pages, 21 EUR ) est une invitation à transformer les écrans en compagnons de voyage plutôt qu’en prison. Les deux auteurs nous invitent à reconquérir le temps d’attention dans un monde hyperconnecté, en explorant les relations complexes entretenues avec les technologies numériques. L’objectif est de trouver un équilibre en évitant la diabolisation et le techno-optimisme aveugle, pour une utilisation consciente des écrans.

Devenir des amphibiens

A l’image de l’océan, illustrent les auteurs, Internet est puissant, fascinant et dangereux. Ses courants bousculent nos vies, transforment nos métiers et nos repères, infiltrent nos intimités. Et cela ne fait que commencer. « Nous aspirons à devenir des amphibiens, capables de vivre en équilibre : un pied sur la terre ferme, l’autre plongé en conscience dans le flux numérique. En réalité, nous nous sentons submergés. »

François Saltiel est spécialiste des enjeux numériques, producteur à France Culture et journaliste à France 5. Il est l’auteur de deux ouvrages : « Le vendeur de thé qui changea le monde avec un hashtag » (Flammarion, 2018) et « La Société du sans contact : selfie d’un monde en chute » (Flammarion, 2020). Virginie Sassoon est docteure en sciences de l’information et de la communication et directrice adjointe du Centre pour l’éducation aux médias et à l’information (CLEMI). Elle est à l’initiative de nombreuses actions de soutien à la parentalité numérique à l’échelle nationale.

« Nous vous proposons une traversée, informée et sensible, pour partager nos expertises et nos expériences, celles d’un couple qui doute et grandit avec trois enfants et dix écrans sous leur toit », avancent les auteurs.

Réenchanter notre rapport au numérique

Faire la paix avec nos écrans, ce n’est pas renoncer, c’est apprendre à riposter pour préserver nos liens et, plus encore, réconcilier nos cerveaux sursollicités avec la sagesse de nos corps oubliés. Le temps n’est plus à la culpabilité ni aux promesses irréalistes de déconnexion totale. Non, sortons du sentiment d’impuissance. « Nous sommes embarqués alors… naviguons ! »

De fait, nous oscillons sans cesse entre physique et virtuel, sans jamais vraiment nous ancrer. Nous échangeons un regard tout en composant un mail, nous discutons tout en likant des photos. Nos pensées sont constamment interrompues par des notifications. Une conversation en face à face sans interférence de la technologie exige dorénavant effort et discipline. Même retourné sur la table, le smartphone reste dans un coin de notre tête.

« Nous voulons croire qu’il est encore possible de réenchanter notre rapport au numérique, de le remettre au service de nos droits, de nos désirs, de nos imaginaires plutôt que de le laisser devenir ce prédateur silencieux de nos existences, invitent les auteurs. Nous partageons peut-être avec vous les mêmes inquiétudes et espoirs. Alors tentons, ensemble, de faire de ce monde amphinétique un lieu habitable et apaisé. »

Alain de Fooz