La 13ᵉ étude Tennaxia confirme l’importance du reporting extra-financier

Malgré l’incertitude créée par Omnibus, le reporting ESG reste solidement ancré, avec 83 % des entreprises potentiellement sorties du scope CSRD qui maintiennent un reporting volontaire !

Non, l’ensemble législatif Omnibus n’a pas tué la CSRD ! Si l’introduction inattendue de la directive Omnibus au début de l’année 2025 est venue rebattre les cartes, le constat est net : au-delà d’une obligation réglementaire, la Corporate Sustainability Reporting Directive se révèle être un outil stratégique pour structurer la durabilité, à condition d’en maîtriser les bonnes pratiques.

« Au lieu d’assister à un désengagement général, l’analyse révèle un fait marquant : le reporting extra-financier se porte étonnamment bien, confirme Matthieu Duault, Head of Brand & Communication, Tennaxia. Malgré les tentations de recul et la morosité ambiante, l’utilité du reporting ESG a atteint un consensus au sein des organisations, désormais ancrée dans le pilotage de la performance et la résilience du modèle d’affaires. »

Une opportunité de transformation stratégique

L’impact le plus spectaculaire d’Omnibus est visible auprès des entreprises qui ne seraient potentiellement plus soumises à la CSRD. Loin de crier au soulagement, 83 % d’entre elles ont déclaré qu’elles réaliseraient tout de même un rapport ESG volontaire. Cette persistance, principalement orientée vers le référentiel VSME (Voluntary Sustainability Reporting Standard for non-listed SMEs), confirme que la valeur de l’information extra-financière dépasse largement son impératif légal. 

« Le recul réglementaire a ainsi mis en lumière la véritable nature de la CSRD : une opportunité de transformation stratégique », continue Matthieu Duault. Pour 67 % des entreprises, la CSRD est avant tout perçue comme un moyen de repenser le modèle d’affaires de l’entreprise, un chiffre en forte augmentation par rapport à l’année précédente (57 %). Cet avantage stratégique devance largement les perceptions de la directive comme une charge humaine (62 %) ou financière (32 %).

L’étude montre encore que la montée en puissance se traduit par un pilotage plus régulier : les entreprises reportent désormais plus fréquemment les informations ESG aux instances de direction, avec une majorité privilégiant le rythme trimestriel.

La pérennité d’un engagement stratégique

L’étude 2025 de Tennaxia offre un éclairage crucial : si la CSRD a pris du plomb dans l’aile du fait d’Omnibus, l’impératif de reporting extra-financier est désormais considéré comme un incontournable stratégique et financier.

Le recul réglementaire a permis de constater que l’ESG a construit des bases suffisamment solides pour que la majorité des entreprises continuent la démarche de manière volontaire, valorisant la résilience et l’attractivité sur le marché devant la seule conformité. La question du format devient ainsi presque accessoire.

« Néanmoins, insiste Matthieu Duault, la pression sur la qualité et la fiabilisation des données ne fera qu’augmenter, notamment avec l’implication croissante des auditeurs et l’enjeu central de la traçabilité des impacts dans la chaîne de valeur. Les entreprises doivent profiter du délai supplémentaire pour consolider leur gouvernance de la donnée et s’outiller de manière adéquate, sans attendre la finalisation du texte Omnibus. »