Près de deux tiers des PME belges ont déjà été confrontées à la fraude ; plus d’un quart y ont laissé de l’argent

Près de six PME belges sur dix jugent que les banques et les pouvoirs publics n’en font pas assez pour protéger leur entreprise contre la fraude. Or, deux entreprises sur trois ont déjà été confrontées à la fraude… et une sur quatre a perdu de l’argent, dévoile Horus Software en collaboration avec iVox.

Près de deux tiers des PME belges (64,3 %) ont déjà été confrontées à la fraude. Pour savoir ce que cela leur a coûté et qui, selon elles, doit les en protéger, la plateforme comptable IA Horus Software et le bureau d’études iVox ont interrogé des personnes ayant une vue sur la comptabilité en PME (panel : 300 actifs dans des entreprises du secteur privé comptant de 1 à 250 employés ; la marge d’erreur maximale est de 5,62 %). Celles-ci voient souvent passer une facture douteuse ou un paiement suspect avant les autres.

La porte d’entrée favorite des fraudeurs reste le phishing, que près d’un tiers des PME (30,5 %) a déjà rencontré. Les fausses factures suivent (19,4 %), puis les faux clients et les fausses entreprises (16,9 %). Le danger vient parfois de l’intérieur, même si cela ne concerne qu’une petite partie des répondants (11,5 %). La menace, elle, reste bien présente. Plus de la moitié des entreprises (51,5 %) a subi une fraude ou une tentative de fraude il y a moins de six mois, et pour une bonne partie d’entre elles (23,7 %), c’était même il y a moins de trois mois.

Quand l’argent disparaît

Ces attaques ne restent pas toujours sans conséquence. Plus d’un quart des entreprises sondées (27,6 %) a perdu de l’argent à cause de la fraude. Le plus souvent, la perte se situe entre 2.501 et 10.000 euros (36,9 %), mais elle grimpe parfois beaucoup plus haut, puisqu’une partie conséquente des entreprises lésées a laissé entre 10.001 et 25.000 euros (23,4 %). Heureusement, la banque ou l’assurance a permis à la majorité de récupérer tout ou partie de la somme (62 %). Pour les autres, en revanche, l’argent n’est pas revenu (27,1 %), ou la procédure est toujours en cours (10,8 %).

Sans surprise, ces incidents pèsent sur le moral autant que sur les comptes. Plus de la moitié des répondants se disent préoccupés par le risque de fraude (54,3 %), et une proportion comparable estime qu’elle nuit à la rentabilité de leur entreprise (58,5 %). Certains vont même plus loin, puisqu’une frange non négligeable a envisagé d’arrêter ses activités (19,6 %).

Qui doit protéger ?

Face à ce tableau, il reste à savoir qui doit monter au créneau. Une majorité de répondants reproche aux banques (59,8 %) et aux pouvoirs publics (57,8 %) de ne pas en faire assez. Les regards se tournent aussi vers les fournisseurs, logiciels compris, à qui la plupart attribuent également une part de responsabilité (62,2 %). En contrepartie, près de trois quarts des répondants jugent en faire eux-mêmes suffisamment (72,1 %).

« Les personnes interrogées sont aux premières loges. Elles voient passer les factures et les paiements, donc elles sont souvent les premières à repérer quand quelque chose cloche. Prenez une facture qui semble normale, un fournisseur dont les coordonnées bancaires changent du jour au lendemain, et l’argent part au mauvais endroit. Et pourtant, la grande majorité pense en faire assez, alors que deux tiers ont déjà été touchées », conclut Benjamin Tailleur, COO, Horus Software.