A peine référencé dans le Magic Quadrant Gartner for Server Virtualization Platforms, Vates entend sortir du statut d’« alternative » de VMware

Rentable et autofinancé depuis 10 ans, Vates lève 30 millions EUR pour accélérer son développement dans un marché de la virtualisation en pleine recomposition après le rachat de VMware par Broadcom. C2D IT Solutions défend la marque en Belgique et au Luxembourg avec un support local 24/7.

Merci Broadcom ! L’acquisition de VMware par Broadcom a accéléré une transformation déjà amorcée du marché. L’évolution des modèles de licences, la hausse des coûts d’infrastructure et la complexité croissante des architectures poussent les entreprises à réexaminer leurs choix technologiques. De nouvelles priorités s’imposent, dont la maîtrise des coûts, interopérabilité, souveraineté et réversibilité.

C’est sur ce terrain que l’éditeur français Vates -représenté en Belgique et au Luxembourg par C2D IT Solutions– se positionne, avec une plateforme open source censée permettre aux organisations de garder la main sur leurs infrastructures et de limiter leur dépendance à un fournisseur.

Vates revendique une croissance supérieure à 65 % en 2025, avant même l’arrivée des nouveaux investisseurs, et plus de 1 000 clients répartis dans une centaine de pays. Le français réalise 90 % de son chiffre d’affaires à l’export où l’Amérique du Nord pèse près de la moitié de son activité.

Les organisations veulent des plateformes de virtualisation qu’elles maîtrisent

La proposition de Vates s’inscrit dans une démarche plus large que la problématique VMware. Les entreprises sont en train de remettre en question la concentration du marché, des modèles de licence et du niveau de dépendance à un fournisseur unique. On parle davantage de rapatriement de charges de travail depuis le cloud public vers des infrastructures privées ou hybrides.

Les organisations veulent des plateformes de virtualisation qu’elles maîtrisent : des coûts prévisibles, une vraie interopérabilité et la possibilité de partir, insiste l’éditeur. Le rachat de VMware par Broadcom a accéléré une remise à plat qui avait déjà commencé. Beaucoup d’équipes reconstruisent aujourd’hui leur stratégie d’infrastructure autour de ces critères.

« Nous ne levons pas des fonds pour changer de stratégie, mais pour accélérer celle que nous poursuivons depuis le début, commente Olivier Lambert, co-founder & CEO, Vates. Nous avons aujourd’hui la technologie, les équipes, une présence internationale et la reconnaissance du marché. Cette levée nous donne les moyens d’exécuter beaucoup plus vite et d’opérer à une tout autre échelle, sans renoncer à notre indépendance ni aux principes open source qui ont fait notre succès. »

Gartner comme marqueur du changement de dimension

La levée intervient surtout moins d’un mois après une autre étape symbolique : la première apparition de Vates dans le Magic Quadrant Gartner for Server Virtualization Platforms, publié le 14 septembre. Le grenoblois fait partie des 17 fournisseurs évalués et se présente comme le seul acteur français retenu.

Olivier Lambert voit plusieurs facteurs derrière cette reconnaissance : le travail conduit auprès des analystes, les références clients, l’intérêt croissant du marché européen pour des fournisseurs européens et surtout pour les technologies open source, qui garantissent réversibilité et maîtrise technologique. Il cite également la montée en puissance de l’écosystème autour de Vates, notamment la compatibilité de Veeam avec sa plateforme depuis cet été, comme un signal de crédibilité supplémentaire.

Le référencement de Gartner devrait apporter à Vates la visibilité et la crédibilité nécessaires pour être considéré dans les grands projets de remplacement de VMware.

Point de chute

Le positionnement de Vates repose sur une thèse claire : être l’alternative open source d’entreprise et souveraine face aux géants propriétaires, et plus particulièrement face à l’écosystème VMware

Depuis le rachat par Broadcom et la restructuration drastique de ses grilles tarifaires, Vates se positionne comme « le point de chute naturel pour les entreprises, universités et administrations cherchant à migrer pour échapper à l’explosion des coûts de licence. »

Contrairement à d’autres solutions fragmentées, Vates fournit une suite intégrée et cohérente couvrant l’ensemble des besoins.

° XCP-ng : l’hyperviseur de Type 1 (Bare-Metal) de classe production, basé sur le projet Xen ;

° XO : l’interface web centralisée pour l’orchestration, l’administration DevOps et la sauvegarde native sans agent ;

° XOSTOR & XO Proxy : les briques optionnelles pour l’hyperconvergence (Virtual SAN) et la gestion des sites distants.

Souveraineté

Les deux investisseurs sont européens. IRIS est présent à Berlin, Munich et Paris ; Bpifrance est la banque publique d’investissement française. Vates garde son siège à Grenoble ; ses logiciels restent développés en France.

Idem pour les licences. XCP-ng est un logiciel libre, hébergé par la Linux Foundation au sein du Xen Project depuis 2020 ; Xen Orchestra (XO) est publié sous AGPLv3, et vous pouvez toujours le compiler depuis les sources.

« Le modèle économique ne change pas, continue Olivier Lambert. Nous vendons du support et des services autour d’un logiciel qui est le même avec ou sans abonnement. Ce modèle nous rend rentables depuis dix ans, et c’est ce modèle qu’IRIS et Bpifrance ont choisi de financer ! »

Nouvel objectif aujourd’hui : sortir du statut d’alternative. « Le jour où une grande entreprise inclura naturellement Vates dans sa shortlist de plateformes de virtualisation, sans que la discussion commence nécessairement par VMware, nous aurons franchi une étape majeure ! »