Les pôles européens du talent international se redessinent. Bruxelles reste remarquablement absente

Berlin, Amsterdam et Barcelone attirent les professionnels hautement qualifiés, tandis que la capitale de l’Europe ne figure pas parmi les principaux pôles de compétences du continent, constate Deel. Bruxelles n’attire pas !

La concurrence mondiale pour attirer les talents hautement qualifiés continue de s’intensifier, l’Europe capte une part croissante des professionnels internationaux. De nouvelles données de Deel, la plateforme tout-en-un de référence pour la gestion HR et la paie des équipes internationales, montrent que les entreprises recrutent de plus en plus de collaborateurs étrangers, non pas pour réduire leurs coûts, mais parce qu’elles ne trouvent plus localement les compétences dont elles ont besoin.

Selon le nouveau Global Immigration Report de Deel, les travailleurs employés sous visa perçoivent systématiquement une rémunération plus élevée que les travailleurs locaux dans les principales économies mondiales.

« Le recrutement international est souvent une réponse à des pénuries structurelles de compétences plutôt qu’une recherche de main-d’œuvre à moindre coût, explique Lauren Thomas, Economist, Deel. Les entreprises sont prêtes à payer davantage pour attirer des talents internationaux parce que l’expertise dont elles ont besoin –en particulier dans le développement logiciel et les fonctions techniques– n’est tout simplement pas disponible en quantité suffisante sur les marchés locaux. »

Les pôles européens du talent international se redessinent

Au sein de l’Union européenne, Berlin constitue la première destination des détenteurs de la Carte Bleue européenne, devant Munich, Paris, Francfort et Luxembourg. À elle seule, l’Allemagne représente 72 % de l’ensemble des Cartes Bleues délivrées en Europe, consolidant ainsi sa position de destination privilégiée pour les professionnels internationaux hautement qualifiés.

Parmi les Américains qui s’installent en Europe via des contrats de travail internationaux et des permis de travail, Amsterdam arrive en tête, devant Berlin, Barcelone, Madrid et Paris.

Parallèlement, les travailleurs européens en télétravail recrutés via des contrats d’Employer of Record s’orientent de plus en plus vers l’Europe du Sud. Les données de Deel montrent que les flux de mobilité les plus importants au sein de l’Europe convergent désormais vers l’Espagne et le Portugal, portés par la flexibilité du travail à distance et la qualité de vie.

Bruxelles, la grande absente

Plus révélatrice encore est l’absence d’une ville pourtant emblématique : Bruxelles. Malgré son statut de siège des institutions européennes et de capitale de facto de l’Europe, Bruxelles ne figure pas parmi les principaux hubs internationaux de talents du continent.

« Cette absence est frappante, souligne Lauren Thomas. Elle soulève des questions plus larges quant à la capacité de certaines villes européennes à rester compétitives pour attirer les talents internationaux dans les domaines de la technologie et du numérique face à des pôles comme Berlin, Amsterdam ou Barcelone. »

Le recrutement international est avant tout motivé par la recherche de compétences rares

Le rapport montre également que le recrutement international reste fortement concentré dans les professions à forte composante technique.

Les développeurs logiciels, ingénieurs et spécialistes IT représentent la majorité des travailleurs recrutés via un visa, tant en Europe qu’aux États-Unis. À l’inverse, les fonctions commerciales et de vente continuent d’être majoritairement pourvues localement. Au Royaume-Uni, les développeurs logiciels titulaires d’un visa Skilled Worker perçoivent un salaire médian supérieur à 129.000 EUR, contre environ 108.000 EUR pour les travailleurs britanniques occupant des fonctions comparables.

Ces résultats suggèrent que les compétences techniques deviennent de plus en plus globales et transférables, tandis que les fonctions commerciales et orientées client demeurent davantage tributaires de la maîtrise des langues locales, des réseaux professionnels et de la connaissance des marchés.

Pour les employeurs européens, ce rapport souligne que l’accès aux talents internationaux devient plus stratégique que jamais, à mesure que l’adoption de l’intelligence artificielle, la transformation numérique et les évolutions démographiques accentuent la concurrence pour les profils spécialisés.