Le cloud européen de demain sera hybride, distribué et souverain

Face à l’évolution de la situation géopolitique, l’importance stratégique de la technologie ne cesse de croître. Garder le contrôle de notre infrastructure technologique est essentiel. « Une alternative européenne aux clouds étrangers n’est pas la question, déclare Filip Marchal, de Proximus NXT. Mieux vaut investir dans la souveraineté basée sur le contrôle. »

La souveraineté numérique n’est plus un sujet de débat théorique, c’est désormais un enjeu opérationnel. « La prise de conscience a été soudaine, affirme Filip Marchal, Cloud Product & Solution Lead,  Proximus NXT. Plus de 70 % des usages cloud en Europe reposent sur des fournisseurs américains. »

Les entreprises cloud-native, en particulier, sont fortement dépendantes de l’écosystème dans lequel elles travaillent. Un écosystème qui leur a permis de se développer rapidement, mais qui limite désormais leurs possibilités. « Sortir du cloud est très difficile. Dans la pratique, cloud-native signifie surtout hyperscaler-native. » C’est là tout le paradoxe de la souveraineté : les entreprises qui ont opté pour le cloud dans un souci de flexibilité sont aujourd’hui prisonnières de ce système.

Un hyperscaler européen ?

Il ne sera donc pas possible de se passer du jour au lendemain de toutes les technologies non européennes. Cette piste n’est pourtant pas abandonnée. Selon le bureau de recherche Gartner, 61 % des CIO d’Europe occidentale envisagent de collaborer avec des acteurs cloud locaux. Mais il ne s’avère pas si simple de remplacer toutes les solutions existantes à l’identique.

Devons-nous vite construire un hyperscaler européen, sur le modèle américain ? « C’est de la fiction, déclare Filip Marchal. Microsoft et Amazon développent leurs solutions depuis 25 ans. Difficile de rattraper ce retard. » Il ne s’agit pas de rivaliser avec les hyperscalers américains, mais d’établir de nouvelles règles pragmatiques pour les données et les workloads sensibles.

Sovereign by design

Le cloud européen de demain sera hybride, distribué et souverain. Les données et les workloads devront être hébergés dans des environnements garantissant souveraineté, conformité et contrôle opérationnel, encadrés par des garde-fous contractuels et techniques solides. C’est là qu’intervient le principe du ‘platform engineering’. « On détermine en amont où placer chaque workload : dans quel type de cloud, chez quel fournisseur. »

« La stratégie appropriée ne consiste donc pas à développer à tout prix un hyperscaler européen, mais à tirer le meilleur parti des écosystèmes existants et, à chaque choix effectué, non seulement à prévoir une stratégie de sortie, mais aussi à intégrer le niveau adéquat de souveraineté, de résilience et de contrôle. »

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