A chaque cas d’usage ses échéances, ses ambitions, ses profils de risque et de coûts récurrents

A croire Gartner, les CFO ont tendance à surestimer les investissements en IA en les considérant comme un simple problème de ROI plutôt que comme un portefeuille d’investissement diversifié. Il faut donc voir plus loin que les indicateurs financiers traditionnels.

« L’IA ne suit pas une courbe de coûts unique et ne produit pas un seul type de valeur, assure Twisha Sharma, Senior Principal, Research in Finance practice, Gartner. Les CFO doivent cesser de rechercher une formule unique de ROI et privilégier la constitution d’un portefeuille d’investissement équilibré incluant des cas d’usage axés sur la productivité, des améliorations ciblées des processus et des investissements transformationnels sélectifs. »

Autrement dit, une approche d’évaluation unique des initiatives d’IA, centrée uniquement sur les indicateurs financiers traditionnels, sous-évaluerait considérablement de nombreux investissements.

A chaque cas d’usage ses échéances, ses ambitions…

Lors du symposium Gartner Finance/Xpo 2026 à Sydney, Twisha Sharma a invité les participants à considérer les projets d’IA comme différents types de voyages, chacun ayant ses propres objectifs et son identité économique. Un portefeuille d’IA devrait comprendre des projets aux cas d’usage courants qui automatisent les tâches répétitives, des projets aux cas d’usage plus avancés qui améliorent l’analyse et la prise de décision, et des projets transformationnels de plus grande envergure visant l’innovation ou la rupture concurrentielle.

« L’économie de l’IA varie considérablement d’un cas d’usage à l’autre, ce qui rend difficile l’utilisation d’une approche standardisée pour appréhender l’ensemble du problème, d’autant plus que les écarts de coûts entre les différents types peuvent être importants, explique Twisha Sharma. Chaque cas d’usage aura des échéances, des ambitions, des profils de risque et des coûts récurrents différents. Si les équipes financières n’analysent pas les modèles de coûts avec précision, elles risquent d’avoir des surprises budgétaires par la suite. »

Rechercher la valeur non financière

A entendre Twisha Sharma, les CFO risquent de sous-estimer l’IA s’ils se concentrent uniquement sur les retours financiers immédiats, tels que la croissance du chiffre d’affaires, la réduction des coûts ou l’amélioration des flux de trésorerie. De nombreuses initiatives d’IA créent d’abord une importante valeur non financière – notamment une meilleure aide à la décision, une plus grande agilité opérationnelle, une portée organisationnelle élargie, une capacité d’innovation accrue et même une évolution du rôle de la finance au sein de l’entreprise -bien avant que ces avantages ne soient pleinement visibles dans le compte de résultat.

« La valeur de l’IA n’est pas toujours immédiatement perceptible dans les indicateurs financiers traditionnels. Dans de nombreux cas, elle se manifeste plus tôt par de meilleures décisions, une adaptation plus rapide et des capacités organisationnelles renforcées. Les CFO doivent en tenir compte s’ils veulent avoir une vision complète de ce que l’IA apporte réellement », continue Twisha Sharma.

Un portefeuille d’investissement diversifié

Les entreprises qui tireront le meilleur parti de l’IA ne seront pas celles qui recherchent une innovation unique ou qui appliquent systématiquement le même critère de retour sur investissement à toutes leurs initiatives. Ce seront celles qui géreront l’IA comme un portefeuille d’investissement diversifié -en équilibrant les gains de productivité réguliers, les améliorations ciblées des processus et les investissements transformationnels sélectifs, tout en développant les initiatives performantes et en abandonnant rapidement les idées peu prometteuses.