En repensant le logiciel d’entreprise à l’ère de l’IA, le belge Enobase s’attaque aux Odoo et SAP

La fin des ERP ? Enobase l’entrevoit. L’IA générative va changer la donne, c’est sûr. Succéder aux ERP, c’est autre chose. Visionnaire, la start-up installée au WAT, à Bruxelles, y croit.

Passer d’outils rigides, fermés et standardisés à des systèmes sur mesure, modulaires et évolutifs, capables de s’adapter à chaque entreprise sans sacrifier robustesse et sécurité. C’est la promesse e la start-up bruxelloise Enobase.

Capable de dialoguer en langage naturel, de traiter d’immenses volumes de données et de générer du contenu intelligent, l’IA générative bouleverse notre manière de travailler. Et change la donne sur deux points. Un : des implémentations plus rapides et personnalisées, grâce à des assistants IA capables d’adapter les modules aux besoins de l’entreprise. Deux : des coûts réduits, car l’IA limite les interventions humaines, automatise une partie de la configuration et simplifie l’onboarding des équipes. En clair : moins de consultants, moins d’aller-retours techniques, et un ERP opérationnel plus vite, pour moins cher.

De toute évidence, l’IA générative propose une autre façon d’accéder à l’information. Là où l’ERP structure, catégorise et cloisonne, l’IA génère, contextualise et fluidifie. En somme, une évolution d’un système purement transactionnel vers une plateforme intelligente axée sur les données.

En attendant la « SaaSpocaypse »…

Tous les éditeurs s’engagent. Parfois indirectement, comme Sage qui intègre Copilot dans ses offres X3 pour la gestion intégrée globale. Ou Oracle avec l’assistant conversationnel Ask lancé en 2023, qui change profondément la manière d’interagir avec les données. Voire SAP, qui propose déjà plus de 400 cas d’usage standard via son assistant Joule. C’est une étape. SAP propose déjà d’aller plus loin et de créer des agents IA via Joule Studio, un ensemble d’outils en no-code ou pro-code.

Une mort annoncée des ERP et CRM ? C’est l’avis d’Enobase, qui repose sa démarche sur le principe de « SaaSpocaypse » ou la fin d’une rente prévisible pour les éditeurs SaaS traditionnels. Gauthier Rodaro, un des co-fondateurs de la start-up qui a intégré Hexa Sprint, un accélérateur dédié à des startups early-stage sans première levée, formule le positionnement sans nuance : « Nous ne sommes pas en concurrence avec les ERP ou CRM traditionnels ; nous les rendons obsolètes ».

Avant le no-code

Plus prudents, Forrester et d’autres cabinets prédisent, eux, que les ERP sont mûrs pour une refonte axée sur l’IA. Et que cette révolution a débuté. L’IA va remodeler les systèmes ERP dans cinq domaines : l’automatisation des processus, l’analyse prédictive, l’aide à la décision, l’expérience utilisateur et l’apprentissage adaptatif.

On voit déjà l’automatisation prendre le relais des tâches répétitives telles que la saisie de données, le traitement des factures et les rapprochements financiers. Ce ne serait donc qu’une première étape.

Dans un rapport récent, l’Institute for Business Value d’IBM suggère, lui, que l’IA ne transforme pas seulement les fonctions des ERP, mais que les organisations qui intègrent l’IA dans leur fonctionnement via les ERP améliorent leur retour sur investissement et leurs marges d’exploitation.

Les systèmes cloisonnés du passé commenceront à peser lourd par rapport aux plateformes plus fluides et intégrées à l’IA, explique-t-il. Nous sommes probablement en passe de voir les fonctionnalités des ERP devenir plus modulaires et spécifiques à chaque tâche, à mesure que les briques d’IA basées sur des agents comprennent mieux l’activité et parlent le langage de chaque service. Enobase, lui, vise la fin des ERP à travers son approche de rupture