La productivité semble plafonner avec l’utilisation simultanée d’environ trois outils d’IA
Brouillard mental, troubles de la concentration, maux de tête et ralentissement de la prise de décision. Tels sont les symptômes avancés par les personnes souffrant d’AI Brain Fry. Ou surcharge cérébrale due à l’IA. Le Boston Consulting Group a analysé le phénomène
Ce n’est pas un burnout, mais une forme d’épuisement quand on est amené à gérer et surveiller des chatbots et corriger le travail effectué par des agents d’IA semi-autonomes, explique le Boston Consulting Group dans une étude publiée dans la Harvard Business Review. Les difficultés surviennent le plus souvent au-delà de trois outils d’IA.
L’enquête du BCG a été menée auprès de près de 1 488 travailleurs américains à temps plein. 14 % ont déclaré avoir subi cette surcharge cognitive liée à l’IA, telle que définie dans l’étude. Bien que ce pourcentage soit faible, il est bien réel. Et pose question.
Le phénomène est comparable à la fatigue ressentie lors de toute autre tâche cognitive intense, assurent les auteurs. Et d’évoquer « une fatigue mentale due à une utilisation excessive ou à une supervision trop poussée des outils d’IA, au-delà des capacités cognitives de l’utilisateur ».
Fatigue mentale et surcharge informationnelle
Cette fatigue n’est pas qu’une impression. L’équipe du BCG a constaté que le taux d’erreurs déclarées par ceux qui estimaient utiliser l’IA de manière excessive était 39 % plus élevé. Les entreprises sont donc les premières à pâtir de cette surcharge de travail.
L’utilisation de l’IA ou des IA n’est pas le problème, mais bien la supervision des outils et agents fonctionnant de manière semi-autonome. Ceux qui déclaraient devoir assurer une supervision importante de l’IA se sentaient 12 % plus fatigués mentalement. Et ils étaient 19 % plus susceptibles de souffrir de surcharge informationnelle.
En termes de postes, les spécialistes du marketing sont les plus susceptibles de souffrir d’épuisement mental lié à l’IA. Ils sont suivis des équipes de ressources humaines, des départements liés à l’opérationnel, de l’ingénierie, de la finance et des équipes informatiques. Les fonctionnalités d’IA citées sont la rédaction de textes, le traitement de données chiffrées et la gestion de tickets d’assistance.
L’effet inverse existe aussi
Certaines utilisations de l’IA sont moins susceptibles de provoquer une surcharge cognitive. Elles pourraient même contribuer à atténuer les symptômes d’épuisement professionnel.
Ceux qui ont pu utiliser l’IA pour se décharger des tâches répétitives, ennuyeuses et routinières ont déclaré se sentir 15 % moins épuisés. Ils ont également fait état d’un engagement et d’une motivation au travail plus élevés, d’associations émotionnelles plus positives avec l’IA et d’associations émotionnelles moins négatives que les autres.



