Ce lancement s’inscrit dans une initiative plus vaste visant à exploiter la demande croissante d’agents autonomes
Microsoft introduit de nouvelles capacités d’IA agentique dans Microsoft 365 et ajoute le modèle Claude d’Anthropic à Copilot. Un changement de paradigme
« Le lancement de Copilot Cowork par Microsoft marque un tournant stratégique dans son approche de l’IA, démontrant que l’entreprise abandonne la dépendance exclusive à OpenAI pour Copilot au profit d’une architecture multi-modèles incluant des partenaires tels qu’Anthropic. »
Une analyse qui tombe comme une sentence. Pour J.P. Gownder, Vice-President, Principal Analyst, Forrester, c’est davantage un changement de paradigme. Copilot a montré ses limites. Les clients veulent aller plus loin.
Un aveu des lacunes de Copilot ?
Dans un billet de blog, Microsoft précise que « Copilot appliquera automatiquement le modèle le plus adapté à la tâche, en tenant compte du contexte de l’entreprise et en garantissant la sécurité et la gouvernance assurées. »
Commentant cette évolution, Jared Spataro, Vice President, Microsoft, reconnait la difficulté d’imposer Copilot à grande échelle : « La transformation des frontières de l’IA repose sur une idée simple : l’IA doit aller au-delà de l’optimisation de l’existant. » Elle doit libérer de nouveaux niveaux de créativité, d’innovation et de croissance. Et elle doit s’intégrer au travail réel, s’ancrer dans un contexte concret et résoudre de véritables problèmes pour les personnes et les organisations.
Pas tous ses oeufs dans le même panier
Autre lecture : celle des actionnaires. OpenAI pèse aujourd’hui près de 45 % du carnet de commandes cloud de Microsoft, une concentration qui inquiète certains investisseurs. En se rapprochant d’Anthropic, Microsoft ne rompt pas avec OpenAI, mais évite de mettre tous ses œufs dans le même panier. Une stratégie de prudence, autant que d’ambition.
L’annonce intervient deux mois après le lancement par Anthropic de son modèle Cowork, qu’elle a décrit comme une « version simplifiée de Claude Code ». Cette annonce a suscité des inquiétudes chez les investisseurs importants dans les sociétés de logiciels « traditionnelles », entraînant une forte chute des cours des logiciels aux États-Unis et en Europe. Selon Reuters, l’action Microsoft a chuté de près de 9 % en février.
Actuellement en phase de test, Copilot Cowork sera accessible aux utilisateurs en accès anticipé fin mars. L’organisation n’a pas encore communiqué sa grille tarifaire, mais a indiqué que certaines utilisations seraient incluses dans son offre M365 Copilot pour entreprises, à 30 USD par utilisateur et par mois.
Sécurité, conformité et gouvernance
Copilot Corwork, on s’en doute, va plus loin que Copilot. La proposition ? Déléguer un objectif complet. Préparer une réunion client, par exemple. Et laisser l’IA orchestrer l’ensemble du flux -construire la présentation, assembler les données financières, rédiger l’e-mail à l’équipe, coordonner l’agenda -tout en gardant l’utilisateur informé et aux commandes. L’idée n’est plus de répondre à un prompt, mais de prendre en charge un travail long, multi-étapes, avec un plan, des points de contrôle, des validations et des actions réelles dans Outlook, Teams, Excel ou les fichiers de l’utilisateur.Mais là où Claude Cowork opère en local sur le poste de l’utilisateur, la version Microsoft fonctionne dans le cloud, au sein du tenant Microsoft 365 de l’entreprise cliente. Ce qui permet une intégration native avec la couche de sécurité, de conformité et de gouvernance de Microsoft 365. Un plus, c’est sûr.


