L’IA bouleverse le monde du travail bien plus vite que prévu : 93 % des emplois américains déjà touchés

Là où l’on anticipait une progression graduelle sur près d’une décennie, l’IA s’impose désormais comme une force de transformation immédiate. Le rapport « New Work, New World 2026 » de Cognizant actualise une première analyse menée en 2024.

Formez ! Formez ! Formez ! Tel est le principal conseil de Cognizant. « Le développement des compétences humaines devient le pont qui permet de transformer les dépenses actuelles en IA en résultats tangibles demain », avance Ravi Kumar S, CEO, Cognizant.

L’IA bouleverse le monde du travail bien plus vite que prévu. Cognizant a passé au crible 18 000 tâches réparties sur 1 000 métiers différents issus de la base de données du marché du travail américain. L’analyse mesure le « score d’exposition », un indicateur qui quantifie dans quelle mesure un emploi peut être assisté ou automatisé par l’IA.

Le résultat interpelle : ce score moyen atteint aujourd’hui 39 %, soit 30 % de plus que ce qui était prévu pour… 2032. Plus frappant encore, cette progression s’accélère au rythme de 9 % par an, contre seulement 2 % anticipés dans l’étude initiale.

Les professions intellectuelles prises de court

Les métiers traditionnellement considérés comme protégés connaissent des hausses spectaculaires. Les professions juridiques voient leur score d’exposition bondir de 9 % à 63 %, tandis que l’éducation passe de 11 % à 49 %. Le secteur de la santé n’est pas épargné, avec une progression de 10 % à 39 %.

Même les postes de direction, y compris celui de CEO, affichent désormais un score de 60 % contre 25 % précédemment. Ces chiffres témoignent d’une pénétration de l’IA dans des domaines qui semblaient a priori exiger un haut niveau de jugement humain.

Un renversement inattendu pour l’informatique et le manuel

L’étude révèle un paradoxe surprenant : les métiers de l’informatique et des mathématiques, longtemps considérés comme les plus exposés, ne figurent plus en tête de classement.

Cette situation suggère que les capacités actuelles de l’IA rencontrent certaines limites techniques dans ces domaines spécialisés. À l’inverse, les professions manuelles connaissent une accélération de leur exposition. Les transports voient leur score passer de 6 % à 25 %, tandis que la construction grimpe de 4 % à 12 %, témoignant des progrès de la robotique et de l’automatisation physique.

L’humain reste le facteur déterminant

Ravi Kumar S, directeur général de Cognizant, tempère toutefois l’enthousiasme technologique : « Transformer ces investissements en résultats concrets nécessite plus que la seule puissance technologique. »

Le rapport insiste sur le fait que plus de 40 % des tâches de management, de gestion, de finance et d’administration demeurent hors de portée de l’automatisation. La création de valeur ne sera pas uniforme. Et de nombreuses activités continueront de requérir un jugement, une contextualisation et une intelligence relationnelle typiquement humains.

Seule la formation permettra aux équipes, comme un mécanisme d’adaptation, de suivre le rythme des changements.