20% des charges de travail actuelles sur les hyperscalers vont migrer vers les fournisseurs locaux
En 2027, l’Europe devrait dépasser l’Amérique du Nord en termes de dépenses liées à l’IaaS (Infrastructure-as-a-Service)… pour garantir sa sécurité. L’étiquette « sovereign » ne suffit plus ! La géolocalisation devient une réalité.
« Face à la montée des tensions géopolitiques, les organisations hors des États-Unis et de la Chine investissent davantage dans l’IaaS de cloud souverain pour gagner en indépendance numérique et technologique », explique Rene Büst, Senior Director, Cloud & Digital Sovereignty, Gartner. Ce sera très net en Europe.
Si Gartner avance que l’objectif est de maintenir la création de richesse au sein des frontières afin de renforcer l’économie locale, c’est surtout pour se prémunir des risques inhérents aux lois extraterritoriales comme le Cloud Act ou le FISA 702.
Le marché est en train de changer…
La géolocalisation devient une réalité. Premier signe de celle-ci : 20 % des charges de travail actuelles échapperont aux fournisseurs mondiaux au bénéfice des fournisseurs locaux. De plus, 80 % de ces dépenses proviendront de nouvelles solutions numériques ou de charges de travail existantes en attente de migration vers le cloud.
« Se contenter de traiter la souveraineté numérique comme une simple question de sécurité, de réglementation et de conformité est insuffisant », assure René Büst. Le marché est en train de changer. Les hyperscalers subissent une pression croissante, les fournisseurs de cloud locaux gagnant des parts de marché et les gouvernements exigeant une plus grande régionalisation des plateformes pour répondre aux exigences réglementaires et de sécurité nationale.
« Ce n’est pas vraiment la migration qui est en jeu, continue René Büst. C’est davantage les nouvelles charges de travail en cours de développement et celles qui sont encore on-premises et qui seront migrées. » Le cœur du sujet n’est pas uniquement la souveraineté au sens juridique, c’est aussi la dépendance technologique créée par des années d’intégration.
L’IaaS n’est qu’une étape
Plus une entreprise s’est appuyée sur des services propriétaires d’un hyperscaler, plus le désengagement devient complexe, long et coûteux. Ce verrou explique pourquoi l’arbitrage se fait souvent au fil de l’eau, en commençant par les projets neufs et les migrations depuis l’on-premises, plutôt que par une sortie frontale des workloads déjà en place.
C’est un mouvement de fond pragmatique, porté par des CIO et des directions générales qui raisonnent en termes de risques, de résilience et d’autonomie opérationnelle. Et l’IaaS n’est qu’une étape. L’autonomie doit aussi passer par des briques logicielles plus proches de l’utilisateur, là où l’effet de dépendance est immédiat et visible.

