Les entreprises belges en décalage avec les pays anglo-saxons
Les entreprises belges affichent une vision forte de leurs données, mais peinent à la concrétiser, révèle une nouvelle étude internationale menée par Equans. Dommage. D’autant que l’écart se creuse entre le bloc anglo-saxon et l’Europe continentale.
« Le sujet n’est plus seulement de gouverner la donnée, mais d’en tirer la performance de demain : la nettoyer et structurer pour la rendre exploitable, l’analyser en temps réel, mutualisée et pilotée par des indicateurs pertinents et partagés pour décider, assure Jérôme Stubler, President, Equans. Le passage à l’échelle fait aujourd’hui la différence entre le bloc anglo-saxon et l’Europe continentale. »
Et la Belgique n’est pas en bonne position. Si 54 % des entreprises belges considèrent leur politique de données comme « opérationnelle », seules 47 % indiquent exploiter plus de la moitié de leurs données. La Belgique se situe ainsi en milieu de classement : au-delà de la phase d’intentions et de stratégie, mais pas encore au niveau des entreprises qui utilisent régulièrement leurs données pour améliorer leurs performances, leur efficacité et leurs applications d’IA.
Ces données sont issues d’une étude d’Equans menée en collaboration avec L’Usine Nouvelle et L’Usine Digitale (Infopro Digital), auprès de 980 décideurs en Belgique, aux Pays-Bas, en France, au Royaume-Uni, aux États-Unis et au Canada.
Sécuriser la data est largement acquis, son exploitation reste le plafond de verre
La collecte et le recensement de la donnée sont largement acquis dans l’ensemble des pays, 91% des répondants déclarent disposer de règles de gouvernance encadrant propriété, responsabilités, accès et sécurité. « Néanmoins, la maturité se joue sur la dernière marche, celle qui transforme la donnée en résultats concrets », estime Jérôme Stubler.
Au global, seuls 45 % déclarent exploiter plus de la moitié des données collectées. C’est le signe d’un plafond de verre très opérationnel : dans beaucoup d’organisations, la donnée sert d’abord à piloter l’activité au quotidien, tandis que la restitution et la transformation en information actionnable restent le maillon faible. Autrement dit, « faire parler la donnée » reste l’enjeu le plus difficile à industrialiser.
En Europe, la data reste principalement un sujet de conformité quand les anglo-saxons en font un levier de performance
La comparaison internationale met en évidence deux dynamiques. D’un côté, le bloc anglo-saxon, où une majorité d’organisations déclarent exploiter plus de 50% de leurs données (Canada 55%, Royaume-Uni 54%, États-Unis 52%). De l’autre, l’Europe continentale, où l’exploitation est moindre : la France n’est qu’à 41% au-dessus du seuil (52% en dessous) et les Pays-Bas à 39% (42% en dessous), signe d’un passage à l’échelle encore immature.
Ce clivage se lit aussi dans la nature des projets : là où les pays anglo-saxons se projettent davantage vers une exploitation de « mise en production » et standardisée, l’Europe reste plus souvent dans des démarches opérationnelles (collecte, traitement, reporting). « L’écart se creuse donc moins sur l’intention que sur la capacité à passer du reporting à l’exploitation », analyse Jérôme Stubler.
Sans plateforme unique ni partage interne de la data, difficile de générer de la valeur
L’étude met en lumière des leviers très concrets qui expliquent l’écart. La première rupture concerne l’unification : 59 % des organisations aux États-Unis déclarent disposer déjà d’une plateforme unique, contre 38 % en France et 29 % aux Pays-Bas.
Deuxième levier : la capacité à décloisonner. La collecte est plus souvent mutualisée aux États-Unis (71 %) qu’en France (50 %) ou aux Pays-Bas (44 %), un marqueur clé de circulation de la donnée entre services.
Troisième levier : prouver la valeur. Le ROI chiffré est plus fréquemment mesuré aux États-Unis (45 %) qu’en France (25 %) et chute à 11 % aux Pays-Bas, ce qui illustre la difficulté à piloter la donnée « par la performance ».
« Pour Equans, l’enjeu est d’aider ses clients à valoriser leurs trésors, parfois cachés, en usages concrets, conclut Jérôme Stubler. Travailler à l’intégration de l’IT- OT puis à l’IA, sur des usines, des process industriels, des infrastructures, pour être au top de la compétitivité des entreprises privées et publiques. »

