Réaligner la tête et le corps avec le cœur, ce qu’aucune IA ne pourra faire !

Dans un monde aux repères bouleversés, le leader doit se reconnecter à sa boussole intérieure : un réalignement intime qui passe par l’acceptation de ses propres vulnérabilités. Propos inspirants d’Alexandre Fayeulle, Président et Fondateur chez Advens & Advens for People and Planet

« Le cœur dirige, la raison gouverne ! C’est ma manière d’être. Une ligne de vie. Je me suis toujours senti profondément aligné avec moi-même, guidé par mes convictions. La personne qui me fera faire des choses dont je n’ai pas envie n’est pas née, pas davantage que celle qui m’empêchera de faire des choses auxquelles je crois. »

Le cœur dicte le cap, la raison trace le chemin. Ce lien, cette quête d’unité, c’est le moteur de l’existence, explique Alexandre Fayeulle, président et fondateur, Advens, spécialiste européen de la cybersécurité, représenté en Belgique par Cyber Security Management.

Choisir des investisseurs alignés avec le projet

« Cette boussole a guidé mon parcours professionnel ». D’abord avec  Advens, navire amiral de l’action sociétale. Point d’orgue : un mécanisme inédit de rétrocession et de partage de la valeur est créé : 50% du capital, et donc de la valeur financière associée, sont destinés à des programmes sociétaux. « Impossible, m’a-t-on dit. Nous avons dû tordre le système et créer un cadre juridique nouveau. Et mis en place un process qui nous a permis de choisir des investisseurs alignés avec notre projet. »

Ensuite, le grand saut dans la course au large. En 2016, coup de cœur, pour le skipper Thomas Ruyant et pour le Vendée Globe, l’Everest des mers. « Ensemble, nous créons une écurie de référence qui emploie 30 personnes, construisons trois bateaux, et remportons de nombreuses courses et podiums. Surtout, nous inventons un nouveau modèle de sponsoring, avec LinkedOut sur le Vendée Globe 2020, puis les deux VULNERABLE lors de l’édition 2024. Pourtant, au départ, je n’avais ni l’expérience ni l’argent pour affronter un tel défi technologique et financier… »

Enfin, le projet VULNERABLE, un autre Everest. « En 2024, je décide de lancer cette grande campagne pour changer le regard sur la vulnérabilité, en baptisant mes deux bateaux favoris du Vendée Globe, avec ce mot, VULNERABLE. On me dit que c’est de la folie. En 18 mois, nous avons démontré l’écho immense de ce sujet dans la société et l’entreprise. Résultat : un mouvement est en train de naître, pour faire de la vulnérabilité une force collective. »

Une question d’alignement

Trois décisions insensées ? Pour beaucoup, oui. Mais, au final, trois projets magnifiques. Trois réussites collectives. Et pour Alexandre Fayeulle, chaque fois, la seule voie possible. « Celle qui me rend heureux. Et celle qui rassemble. Si j’avais écouté les autres, si j’avais suivi la norme, rien de tout cela n’existerait. »

Pour autant, l’homme croit qu’il faut rester humble et lucide. Si être aligné avec soi-même est essentiel, être aligné collectivement est une quête de chaque instant. « Et je vais être transparent : ma propre entreprise Advens a actuellement un besoin fondamental de se réaligner. Ces cinq dernières années, nous avons vécu une très forte croissance, multipliant nos effectifs par quatre pour atteindre 600 collaborateurs. Nous avons ouvert des filiales en Espagne, en Italie, en Allemagne et jusqu’au Canada. »

En parallèle, d’autres projets à impact comme la Fresque des Cybercitoyens, l’École de la Cyber pour tous ou le projet VULNERABLE ont été menés. Tous ces développements ne sont pas sans conséquences. « Ajoutez à cela le contexte brûlant, entre révolution de l’IA et tensions géopolitiques… Bref, l’heure est à l’alignement – et même au réalignement – général. »

Des dirigeants déracinés et désalignés

Et si c’était le mal de l’époque ? 82 % des patrons de TPE, PME ou ETI souffrent d’au moins un trouble physique ou psychologique. Un chiffre en explosion (+ 23 points depuis 2021). Dans un monde où les repères volent en éclat, où les crises s’enchaînent et s’accélèrent, beaucoup se sentent écartelés entre leur conscience des enjeux écologiques et sociaux, le besoin de sens des parties prenantes et les injonctions financières court-termistes d’un système qui nous emmène droit dans le mur.

« L’urgence, estime Alexandre Fayeulle, c’est de retrouver notre cap intérieur, quand tout semble confus autour de nous, pour mieux entraîner nos équipes. Tout commence par une transformation personnelle. »

On ne peut pas réaligner son organisation si l’on n’est pas d’abord aligné avec soi-même. La transformation collective découle d’une transformation intime. Et ce chemin passe obligatoirement par l’acceptation de nos vulnérabilités. Réaligner la tête et le corps avec le cœur. Ce cœur qu’aucune IA ne peut nous disputer… et qui nous distinguera toujours !

VULNERABLE, pour retrouver du sens

« Ces convictions, je ne suis pas seul à les porter aujourd’hui. De la chaire d’Hubert Joly, dédiée au Purposeful Leadership à HEC, au Fonds 2050 de Marie Ekeland, une nouvelle grammaire de l’entreprise s’écrit. Le premier nous rappelle que l’entreprise est une affaire de coeur avant d’être une affaire de profits. Une invitation à réconcilier l’épanouissement de chacun avec le bien commun. La seconde nous offre une boussole stratégique pour sortir du court-termisme. Sa méthode propose de réaligner concrètement les personnes, les équipes, les actionnaires et les générations futures. »  

Signe des temps, cette conscience inspire de nombreuses initiatives inclassables, telles la Heart Leadership University – un mouvement de leaders pionniers guidés par l’intelligence du cœur – ou des lieux tel l’Arbre qui marche – une maison pour prendre soin de soi, où les participants sont invités à se reconnecter à eux-mêmes.

« Le mouvement VULNERABLE, qui est en train de se structurer, s’inscrit résolument dans cette veine. Pour retrouver du sens au milieu du chaos, assure Alexandre Fayeulle. Et aligner nos aspirations et les enjeux de notre époque. »