Près de 60 % des migrations SAP accusent des retards et des dépassements de budget

Une étude d’ISG révèle que de nombreuses migrations SAP S/4HANA évitent la réingénierie des processus et des données nécessaires à l’automatisation et à l’IA opérationnelle. Dommage !

Trop de migrations SAP S/4HANA en mode « rapidité » et « économie » sans penser au potentiel de transformation à long terme. Les entreprises négligent ainsi la réingénierie en profondeur des processus indispensable pour tirer pleinement parti de l’automatisation, de l’analytique et de l’IA, selon un nouveau rapport d’étude d’ISG (Information Services Group).

Le rapport « The State of Migrations SAP 2026 » s’appuie sur une enquête menée auprès de plus de 200 décideurs de haut niveau, ainsi que sur les pratiques observées lors des missions de conseil d’ISG. Il révèle un décalage important entre les ambitions de transformation des entreprises et leur mise en œuvre concrète de S/4HANA.

Moins d’une organisation sur cinq réimplémente ses processus et technologies SAP lors de sa migration vers S/4HANA, selon l’étude. Près de la moitié (49 %) effectuent peu ou pas de réingénierie, préférant préserver leurs processus et données existants.

Les changements fondamentaux sont le plus souvent ignorés

« En privilégiant l’évitement des risques à la transformation pour orienter leurs stratégies SAP, les entreprises risquent de passer à côté d’avantages à long terme, explique Stanton Jones, Distinguished Analyst, ISG, et co-auteur du rapport. Pour exploiter pleinement le potentiel de l’automatisation, de l’analytique et de l’IA, les entreprises devront s’engager dans des changements fondamentaux en matière de gouvernance, de qualité des données et de standardisation des processus. »

L’étude révèle que les décisions prises par les entreprises concernant la planification et le séquencement, la gouvernance et le coût de la transition influencent davantage les résultats que le choix de la plateforme ou le mode de déploiement des outils. Souvent, les entreprises les plus ambitieuses en matière de transformation sont les plus susceptibles de limiter la valeur future en privilégiant la stabilité à court terme.

La fin du support de SAP ECC comme motif de migration

Les entreprises ont bien plus de chances de tirer profit de l’IA en standardisant leurs processus et en mettant en place une gouvernance solide pendant la transition. Celles qui conservent des processus fragmentés et des structures de données héritées risquent de constater que l’IA ne leur apporte pas autant d’avantages une fois le projet terminé.

L’étude révèle que les entreprises peuvent entreprendre des migrations SAP moins stratégiques en raison de contraintes de temps. Elles citent fréquemment la fin du support de SAP ERP Central Component (ECC) comme motif de leur passage à S/4HANA. Dans ce cas, elles peuvent planifier leurs transitions en fonction des échéances de maintenance et de support et utiliser une migration cloud limitée pour prolonger la durée de leur support plutôt que pour transformer leurs environnements informatiques.

Beaucoup de retards à cause d’une gouvernance défaillante

Les dépassements de coûts et les retards sont fréquents lors des transitions vers S/4HANA, selon ISG. Près de 60 % des migrations SAP accusent des retards et des dépassements de budget, le plus souvent en raison d’une complexité sous-estimée, d’une extension du périmètre et de contraintes de capacité interne. Les retards sont le plus souvent dus à une gouvernance défaillante plutôt qu’à des difficultés techniques ; ils peuvent donc être le symptôme de problèmes plus profonds.

« De nombreux programmes de migration font intervenir plusieurs intégrateurs de systèmes, des prestataires de services SAP et des spécialistes de niche, mais souffrent d’un manque de clarté quant aux responsabilités décisionnelles, aux critères d’acceptation et à la répartition des responsabilités entre les différents fournisseurs », explique Stacey Cadigan, Partner, ISG, co-auteure du rapport.

« Ce manque de transparence et des incitations divergentes entraînent des dérives du périmètre et des retards, poursuit-elle. Pour piloter efficacement la migration SAP, les entreprises doivent définir explicitement la responsabilité de la mise en œuvre et assurer un suivi indépendant des activités critiques telles que la préparation des données, les tests d’intégration et la gestion du changement. »