Près de 40 % des gains de temps liés à l’IA sont perdus à cause de la correction de résultats de faible qualité !

L’IA nous permet d’accomplir nos tâches plus rapidement. Mais la vitesse seule ne crée pas de valeur. Ce qui compte, c’est ce qui se passe une fois le temps gagné. Et là… surprise ! Workday a enquêté

« Et si le principal obstacle à la réussite de votre entreprise en matière d’IA n’était pas la technologie elle-même, mais la manière dont nous structurons le travail autour d’elle ? »

Il ne s’agit pas de philosophie, mais d’une question très sérieuse posée par Michael Brenner, Vice President, Thought Leadership and Customer Advocacy, Workday, à l’issue de l’étude « Beyond Productivity : Measuring the Real Value of AI » : 85 % des employés affirment que l’IA leur permet déjà de gagner du temps. Cependant, près de 40 % de ce temps est consacré à la vérification, la correction et la refonte des résultats de l’IA.

« Il ne s’agit pas d’un échec de l’IA, mais d’un moment décisif pour le leadership. Car la véritable question n’est pas de savoir si l’IA peut booster la productivité, mais plutôt si les dirigeants sont prêts à repenser le travail pour que la productivité se traduise par un impact concret sur l’activité et des relations humaines plus profondes. »

L’opportunité du retour sur investissement : de l’efficacité à l’impact

L’étude montre que nous avons atteint un tournant. Certes, l’IA remplit sa fonction ; elle nous permet d’accomplir nos tâches plus rapidement. Mais la vitesse seule ne crée pas de valeur. Ce qui compte, c’est ce qui se passe une fois le temps gagné.

Actuellement, seuls 14 % des employés affirment obtenir des résultats positifs et constants grâce à l’IA. Ce n’est pas parce que la technologie ne fonctionne pas, mais parce que la plupart des organisations sont encore en phase de déploiement, et non de transformation.

Comme l’explique Aashna Kircher, Group General Manager, Workday, « les tâches individuelles s’exécutent plus rapidement, mais les résultats organisationnels ne progressent pas au même rythme. Au lieu de libérer du temps pour des tâches plus valorisantes, une part surprenante de ce temps est consacrée à la correction, au contrôle et à l’épuisement professionnel. »

Ce décalage entre les efforts déployés et leur impact constitue le véritable problème du retour sur investissement. Les dirigeants ont le potentiel de transformer radicalement leurs organisations pour l’ère de l’IA. A condition de le vouloir.

Pourquoi devoir encore auditer les résultats de l’IA avec autant de rigueur que le travail humain ?

Workday le constate le plus clairement chez ce que l’entreprise nomme les « optimistes à faible retour sur investissement ». Il s’agit d’utilisateurs intensifs d’IA qui croient en cette technologie et s’y fient quotidiennement. « Ce sont eux qui devraient être à l’origine des plus importants gains de productivité au sein de l’organisation, continue Aashna Kircher. Pourtant, 77 % d’entre eux affirment devoir encore auditer les résultats de l’IA avec autant de rigueur que le travail humain. »

Cela signifie qu’une part considérable des gains de temps promis par l’IA est absorbée par les vérifications, les corrections et les analyses critiques.

Et c’est là que réside l’opportunité, pourtant évidente. Lorsque les dirigeants repensent la productivité, la responsabilisation et les flux de travail entre humains et machines, ce temps d’audit se transforme en temps d’innovation.

C’est là que l’efficacité devient croissance, que l’IA commence à générer un véritable retour sur investissement, et non plus seulement à cocher plus rapidement des cases sur les listes de tâches des employés.

Préparer les équipes à l’IA

Selon Angelique De Vries, President EMEA, Workday, « la productivité à elle seule ne garantit pas la prospérité ! » Pour obtenir un véritable retour sur investissement, nous devons dépasser l’idée que la technologie, à elle seule, améliore la productivité, explique-t-elle. Il ne s’agit pas d’un problème logiciel, mais d’un problème humain et de modèle opérationnel.

Aashna Kirsher, encore, conseille de nous concentrer sur la valeur créée, et non sur les heures gagnées, car « la vraie question n’est pas ce que l’IA peut faire, mais qui nous voulons que les gens deviennent dans un monde piloté par l’IA ».

Où porter nos efforts

D’abord, mettre à jour les rôles. Dans 89 % des organisations, a chiffré Workday, moins de la moitié des rôles ont été mis à jour pour intégrer les capacités de l’IA. Autrement dit, les employés sont encore gérés comme si leur travail n’avait jamais évolué. L’opportunité réside dans la transition de structures rigides vers une organisation axée sur la collaboration et l’interaction, où l’IA prend en charge les tâches routinières et où les employés se concentrent sur l’essentiel : créer de la valeur pour les clients.

Ensuite, combler le déficit de formation. Si 39 % des dirigeants ont augmenté leurs dépenses technologiques, seuls 30 % ont accru leurs investissements dans le développement des compétences. Un véritable retour sur investissement est atteint lorsque la stratégie technologique et la stratégie HR sont alignées.

Enfin, valoriser les experts en IA. Les employés âgés de 25 à 34 ans sont les utilisateurs les plus actifs de l’IA, mais ils supportent également 46 % de la charge de travail liée à la réorganisation des tâches. Avec des directives plus claires, des rôles actualisés et une meilleure formation, conclut Workday, cette réorganisation peut se transformer en créativité, innovation et leadership.