Il est urgent de combler le fossé de l’IA en matière d’exécution

2500 entreprises interrogées dans 22 pays. Une conclusion : l’approche opérationnelle de l’IA est souvent trop peu structurée pour passer à l’échelle. Les entreprises sont sous pression. DXC Technology tire la sonnette d’alarme.

L’IA en entreprise ? « 77 % des organisations affirment qu’elle est une priorité stratégique au niveau du conseil d’administration, alors que 94 % rencontrent des difficultés importantes pour sa mise en œuvre », résume Pete McEvoy, Global Head of Advisory Services, DXC Technology.

Cette situation traduit une adoption souvent dictée par la pression, notamment concurrentielle, plutôt que par une logique de valeur.

« Les entreprises sont soumises à une pression intense pour ‘faire de l’IA’, mais la plupart d’entre elles ne disposent toujours pas des éléments fondamentaux : données optimisées, analyses de rentabilité claires, leadership aligné et bonne architecture technique », poursuit Pete McEvoy.

Alors que l’IA est devenue une priorité partagée par la plupart des dirigeants d’entreprise, rares sont ceux qui savent comment mettre en œuvre avec succès cette technologie en constante évolution ou en exploiter pleinement le potentiel.

Pour AdvisoryX, nouvelle filiale de conseil de DXC Technology, il est temps de combler le fossé de l’IA en matière d’exécution. Et de repenser l’IA selon trois axes essentiels.

Comment l’IA peut-elle nous aider ?

Premier axe, faire de l’exécution la priorité absolue de chaque dirigeant. « Les organisations commettent souvent l’erreur de considérer l’IA de manière trop restrictive, comme un simple investissement technologique à la mode ou une mesure d’efficacité, sans examiner attentivement les résultats escomptés », observe Pete McEvoy. Au lieu de se demander : « Comment pouvons-nous faire ce que nous faisons déjà, mais plus rapidement et à moindre coût ? », les dirigeants devraient adopter une vision à long terme et se demander : « Que peut nous aider l’IA à faire que nous n’avons jamais pu faire auparavant ? »

Cette dernière question est plus importante que jamais dans la mesure où l’IA pilote de plus en plus les fonctions critiques de l’entreprise. Si 47 % des dirigeants ont déployé l’IA dans leurs opérations informatiques au cours de l’année écoulée, AdvisoryX révèle la véritable orientation de l’IA : la R&D, la conformité et le reporting ESG connaîtront la croissance la plus rapide au cours des trois prochaines années.

L’IA apporte une valeur ajoutée considérable aux fonctions critiques confrontées à des données complexes et à des exigences réglementaires strictes. Or, 73 % des dirigeants interrogés estiment encore que les équipes techniques devraient piloter l’adoption de l’IA. Il s’agit là d’une occasion manquée : les équipes métiers doivent jouer un rôle central dans la stratégie IA ; elles comprennent mieux que quiconque les flux de travail, les défis et les exigences réglementaires auxquels l’IA doit répondre. 

Intégrer l’IA aux collaborateurs et aux processus

« La transformation par l’IA échoue lorsque les organisations la perçoivent comme une simple mise en œuvre technologique, continue Pete McEvoy. Comme le révèle l’étude, une adoption réussie exige de repenser non seulement qui effectue le travail, mais aussi comment il est effectué. »

Cette approche est essentielle. Interrogés sur le niveau de collaboration homme-IA qu’ils envisagent, la plupart des dirigeants anticipent l’émergence d’un modèle opérationnel hybride susceptible de transformer en profondeur les flux de travail et les processus décisionnels. 

Pour s’adapter à un environnement de travail où la collaboration entre humains et IA s’intensifie, les organisations devront repenser leurs flux de travail, les droits de décision et leurs modèles de gouvernance. Par ailleurs, les dirigeants auront besoin de nouvelles compétences, car 81 % des cadres interrogés estiment que l’IA entraînera une hausse de la demande de talents et une augmentation de leurs effectifs d’ici 2028.

« En définitive, l’IA crée de nouveaux flux de travail qui requièrent de nouvelles compétences, résume Pete McEnvoy. Si les dirigeants mettent en œuvre l’IA sans repenser les processus concernés et sans développer les compétences des employés capables d’évoluer dans ces nouveaux flux de travail, il est peu probable qu’ils obtiennent les résultats escomptés. »