Un rapport explore les dépendances cachées de l’IA en matière de ressources et les vulnérabilités systémiques directes
Le cabinet de conseil Arthur D. Little publie une analyse des dépendances cachées des entreprises à l’IA : la réalité de son empreinte environnementale, sous-estimée, son futur modèle de prix et la concentration de sa chaîne de valeur, en particulier en amont.
« Gare aux illusions ! L’IA semble bon marché aujourd’hui car ses coûts économiques et environnementaux réels sont essentiellement cachés. Mais une fois la dépendance installée, prévient Albert Meige, Blue Shift Global Director, Arthur D. Little, ses coûts réel apparaîtront ! Les entreprises doivent être stratégiquement préparées !
L’IA est au coeur de la stratégie de la plupart des organisations. C’est un euphémisme. Elle va de pair avec des choix technologiques, la définition d’une politique de gouvernance ou des démarches d’accompagnement des métiers. L’étude prospective « AI hidden dependancies » par le Blue Shift Institute du cabinet Arthur D. Little, révèle d’autres enjeux, voire des risques, moins visibles, associés à ces stratégies.
Le rapport évoque ainsi l’ampleur réelle des impacts environnementaux de l’IA, l’inévitable augmentation à venir de ses prix, mais aussi sa supply chain géographiquement très concentrée. Autant de typologies de risques rarement mis en avant, qui devraient cependant peser dans les choix et stratégies des CIO et de leurs directions générales.
Instabilité, enfermement…
Trois domaines clés de dépendance sont ainsi identifiés. L’impact environnemental d’abord, notamment les émissions liées à la forte consommation énergétique de l’IA et à la fabrication du matériel associé. L’approvisionnement énergétique, ensuite, incluant l’augmentation de la demande en électricité et la pression accrue sur le réseau. Enfin, l’infrastructure informatique, incluant les points de blocage de la chaîne d’approvisionnement et la dépendance vis-à-vis des principaux fournisseurs.
À mesure que l’IA devient de plus en plus une infrastructure critique, ces dépendances devraient exposer les organisations à l’instabilité économique, aux risques de durabilité et à un enfermement stratégique. Pour Albert Meige, ces trois dépendances cachées sont autant de « vulnérabilités systémiques »
En réponse, le rapport recommande aux entreprises de privilégier un ensemble d’actions « sans regret », à savoir :
° Anticiper le coût réel de l’IA en alignant ses coûts sur sa réelle valeur ajoutée pour l’entreprise.
° Restaurer leur crédibilité environnementale en maîtrisant l’impact réel de l’utilisation de l’IA.
° Développer leur résilience stratégique en conservant la liberté de choisir leur fournisseur et leur juridictio


