Au cours du premier semestre 2026, le coût des serveurs a connu une hausse historique sans précédent depuis plus de dix ans

L’explosion actuelle des ventes de serveurs s’explique principalement par deux facteurs majeurs interconnectés : la course mondiale à l’IA et une hausse mécanique de la valeur du matériel due à la pénurie de composants indispensables.

Fin 2025, IDC avait prévenu. D’un côté, l’IA devient le principal vecteur de modernisation des datacenters, mais son coût d’accès et la raréfaction des composants critiques risquent de durcir les conditions d’approvisionnement. De l’autre, la concentration des investissements entre les mains de quelques grands opérateurs redessine les équilibres concurrentiels, marginalisant les acteurs historiques qui ne parviennent pas à suivre le rythme des volumes et des prix.

Initié en 2025, le mouvement se poursuit. Et rien n’indique qu’il s’essouffle. L’investissement des hyperscalers est toujours massif. Microsoft, Google, Meta et Amazon étendent leurs centres de données à un rythme effréné. Leurs dépenses d’infrastructure ont bondi pour entraîner leurs LLM et gérer le trafic quotidien des requêtes IA. Par ailleurs, le déploiement en entreprise. Au-delà du cloud public, les grandes entreprises s’équipent désormais en interne de serveurs optimisés pour exécuter des applications d’IA souveraines et sécurisées sur site.

CPU, GPU et SSD s’enflamment

Par ailleurs, la hausse des prix de la mémoire ne semble plus connaître de limites. Après la RAM, c’est désormais le marché des SSD qui subit de fortes tensions sous l’effet de l’IA. Mais contrairement aux précédentes vagues de pénurie, le phénomène ne concerne plus uniquement les GPU ou les centres de données. Cette fois, les SSD eux-mêmes deviennent une ressource stratégique pour les infrastructures d’IA, avec des conséquences qui pourraient rapidement se répercuter sur les utilisateurs de PC, d’ordinateurs portables et même de consoles.

Au cours du premier semestre 2026, le coût des serveurs a connu une hausse historique sans précédent depuis plus de dix ans. Pour une configuration standard à base de processeurs CPU, les prix d’achat globaux ont grimpé de 15 % à 20 % dès le début de l’année. Pour les serveurs dédiés à l’IA, les configurations lourdes embarquant des cartes graphiques (GPU) et d’immenses capacités de mémoire RAM haut de gamme ont subi des hausses directes de 30 % à 50 %. Certains acheteurs ont vu des devis de serveurs passer de 180 000 en début d’année à 250 000 au printemps pour le même matériel.

Allongement du cycle de vie et FinOps

Cette inflation ne touche pas seulement les entreprises qui achètent leur propre matériel physique, elle s’est également propagée aux fournisseurs d’infrastructure cloud. Les grands hébergeurs européens ont été contraints de revoir leurs grilles tarifaires. Ainsi, OVHcloud a appliqué à l’été 2026 des hausses allant de 25 % à 74 % sur certaines configurations de serveurs dédiés (les prix de la mémoire seule sur les nouvelles commandes ayant bondi de 127 %). Les contrats de location et d’hébergement cloud ont globalement augmenté de 5 % à 10 % au cours du premier semestre.

Ces évolutions se traduisent, dans les entreprises, par l’optimisation de nouvelles stratégies de sécurisation des approvisionnements en signant des contrats à long terme pour bloquer les tarifs avant de nouvelles hausses. Egalement par de nouvelles stratégies comme l’allongement du cycle de vie du matériel via le reconditionné, l’adoption de puces alternatives (ARM) et une optimisation logicielle stricte (FinOps).