Les grandes entreprises consacrent plus d’un quart de leur budget logiciel à des changements qu’elles n’auraient pas choisis

La « software tax » n’a rien d’artificiel. 95 % des responsables IT  affirment que leur organisation a financé, au cours des trois dernières années, une mise à niveau imposée par un éditeur, tout en anticipant une baisse des performances, de la fiabilité ou de la valeur métier.

Origina évoque « un fardeau récurrent, qui accapare des ressources, détourne les talents, gaspille des actifs opérationnels et génère des coûts et des risques que les organisations se retrouvent, en pratique, dans l’incapacité de refuser. »

A lire le rapport « The Software Tax, What does it cost, and who benefits ? », les CIO disposent de très peu de marge de manœuvre pour refuser des mises à niveau ou des changements une fois qu’un système est profondément intégré au fonctionnement de l’entreprise.

Les conséquences sont lourdes. Le budget consacré à l’innovation est celui qui, selon les répondants, est le plus souvent affecté, suivi de près par les budgets alloués au recrutement et à la sécurité.

Interrogés sur la dernière fois qu’un programme lié à l’IA ou aux données a été ralenti, suspendu ou annulé, 34 % des répondants indiquent que les coûts imposés par les fournisseurs jouent un rôle majeur dans cette décision.

Difficile de se séparer d’un fournisseur de logiciel

L’enquête, menée par Censuswide auprès de 2 018 décideurs IT de haut niveau aux États-Unis et au Royaume-Uni, révèle la marge de manœuvre très limitée dont disposent les acheteurs. 78 % estiment que c’est leur fournisseur principal -et non leur propre organisation- qui définit le calendrier et les conditions des changements. 76 % affirment ne disposer que d’une très faible marge de négociation réelle face aux grands fournisseurs. Enfin, et c’est sans doute l’élément le plus sensible, 80 % déclarent que se séparer d’un fournisseur de logiciels majeur entraînerait des perturbations importantes pour leur activité.

Rendre ce coût visible

« Lorsque l’alternative à une mise à niveau non souhaitée consiste à perdre le support technique de systèmes indispensables au fonctionnement de l’entreprise, accepter devient souvent une réaction rationnelle, analyse Tomás O’Leary, Founder & CEO, Origina, co-auteur de l’ouvrage The Software Tax. C’est précisément là que réside le problème. Le marché a laissé certains des responsables technologiques sans réelle possibilité de refuser ! »

De fait, c’est un coût qui se répercute sur les budgets, sur le temps consacré par les équipes techniques et sur des projets d’innovation qui ne sont jamais financés.

« Nous voulons rendre ce coût visible, afin que les clients puissent commencer à en reprendre le contrôle », déclare le fondateur d’Origina.

Négociez avant de vous engager !

Selon les répondants, les ressources humaines et le matériel sont également touchés. Environ 84 % indiquent que leurs ingénieurs les plus qualifiés consacrent « toujours » ou « souvent » du temps à des mises à niveau imposées par les fournisseurs, au lieu de travailler au développement de capacités futures.

Par ailleurs, 91 % des répondants rapportent avoir mis au rebut du matériel pourtant fonctionnel au cours des trois dernières années, uniquement pour se conformer aux échéances de support fixées par un éditeur de logiciels, perdant ainsi, en moyenne, 1,65 année de durée de vie utile de ce matériel.

« Les économistes étudient ce problème depuis des décennies : dès qu’un client réalise des investissements spécifiques à une relation commerciale, le fournisseur acquiert un levier qu’aucun contrat ne peut totalement anticiper. Pour les CIO, résume Tomás O’Leary, la leçon est simple : négociez les conditions de sortie avant même de vous engager ! »