L’IA rend le travail à la fois plus agréable et plus exigeant
Dans la quatrième édition du baromètre mondial « AI at Work », le Boston Consulting Group aborde le principe du « paradoxe du bien-être ».
Deux tiers des utilisateurs réguliers de l’IA (67 %) affirment que l’outil améliore leur satisfaction au travail. Mais, dans le même temps, 41 % font état d’une charge cognitive accrue. Et près d’un salarié sur deux (47 %) déclare passer plus de temps à piloter l’IA qu’à effectuer lui-même les tâches…
« L’IA rend le travail plus intéressant, mais aussi plus exigeant, constate Vinciane Beauchêne, Managing Director & Partner, Boston Consulting Group et coauteure du rapport « AI at Work : Strategy matters more than tools ». « La première vague de l’IA s’est focalisée sur la productivité individuelle ; la vague qui arrive devra transformer le travail collectif, explique-t-elle. Tout le monde parle de l’IA comme d’un outil de remplacement du travail, mais le véritable enjeu est de repenser la valeur ajoutée de l’humain au sein de l’organisation… »
Des gains d’efficacité encore difficiles à convertir
L’adoption de l’IA parmi les employés a fortement progressé : 74 % d’entre eux en sont aujourd’hui des utilisateurs réguliers, soit une hausse de plus de 20 points en deux ans, indique l’étude du BCG. En revanche, les résultats ne suivent pas au même rythme.
Beaucoup d’organisations peinent à convertir les gains d’efficacité générés par l’IA en valeur mesurable. Si 42 % des utilisateurs réguliers déclarent économiser au moins une journée de travail par semaine grâce à l’IA, 66 % d’entre eux indiquent ne recevoir que peu ou aucune orientation sur la manière d’utiliser ce temps libéré. Plus de la moitié des salariés ne le réinvestit pas dans des tâches à plus forte valeur ajoutée. Faute de transformation adéquate, le temps économisé reste inexploité !
L’adoption de l’IA s’accélère
Près des trois quarts des répondants (72 %) estiment que l’IA a déjà profondément transformé les compétences requises dans l’exercice de leur métier, et près d’un répondant sur deux (47 %) déclare passer plus de temps à piloter et orienter l’IA qu’à exécuter lui-même les tâches.
« L’IA ne se limite plus à améliorer la productivité ou à faire gagner du temps : elle transforme en profondeur la nature même du travail, du management et du quotidien des salariés », rappelle Vinciane Beauchêne. Mais, selon l’étude, nous n’y sommes pas encore.
Néanmoins, la révolution managériale est en cours. « 65 % des managers et dirigeants estiment que les agents prendront en charge au moins la moitié de leurs activités d’ici trois ans, tandis que le rôle des employés évolue vers davantage de pilotage, d’orchestration et de supervision de l’IA. »



