49 % des professionnels de la cybersécurité envisagent de changer d’emploi dans les douze prochains mois

Lassitude, déception. La cybersécurité ne rapporte pas. Du moins pas assez par rapport aux autres métiers de la Tech. Harvey Nash tire la sonnette d’alarme dans le Harvey Nash Global Tech Talent & Salary Report.

Plus de 70 % des professionnels privés d’augmentation de salaire ! Bien que la cybersécurité soit la troisième compétence technologique la plus recherchée au monde, un nouveau rapport révèle que les professionnels de la cybersécurité ont été les plus touchés par les augmentations de salaire l’an dernier, se classant ainsi au troisième rang des métiers les plus insatisfaits au niveau mondial (23 %), juste derrière ceux travaillant dans l’assurance qualité/les tests (24 %) et l’infrastructure/le support (25 %).

« Ces données devraient nous alerter, estime Ankur Anand, Group CIO & Member of Executive Council, Harvey Nash. Nous demandons aux équipes de cybersécurité d’être en première ligne face aux risques pour l’entreprise, et pourtant, trop souvent, nous ne leur offrons pas la reconnaissance, les perspectives d’évolution et l’environnement de travail nécessaires pour fidéliser leurs talents. »

Perte de confiance

L’étude Harvey Nash sur les talents et les salaires dans le secteur technologique, menée auprès de plus de 3 600 professionnels de la Tech à travers le monde, montre que la proportion de professionnels travaillant dans le DevOps (56 %), la gestion de produits (51 %) et l’analyse commerciale (50 %) ayant bénéficié d’une augmentation de salaire l’an dernier était presque deux fois supérieure à celle des professionnels de la cybersécurité (29 %). Ce rapport soulève une question essentielle : les entreprises déploient-elles des efforts considérables pour fidéliser leurs talents en cybersécurité ?

En ce qui concerne les perspectives d’augmentation salariale en 2026, les ingénieurs en firmware/matériel (65 %), en IA et apprentissage automatique (58 %) et en DevOps (54 %) sont les plus optimistes. En revanche, les professionnels de la cybersécurité (40 %) sont beaucoup moins confiants, se situant en dessous de la moyenne mondiale (44 %) tous métiers confondus et hors du top 10 des professions qui anticipent une hausse cette année.

Départ volontaire, la solution de facilité

Par conséquent, près de la moitié (49 %) des professionnels de la cybersécurité envisagent de changer d’emploi dans les douze prochains mois, un chiffre nettement supérieur à la moyenne mondiale (39 %). Les secteurs les plus susceptibles de connaître un exode de talents, tous métiers confondus, au cours des douze prochains mois sont l’énergie et les services publics, l’industrie manufacturière et les télécommunications.

« Lorsque les salaires sont inférieurs à ceux du marché, que la charge de travail ne cesse d’augmenter et que le rôle est perçu comme un frein plutôt que comme un atout, il n’est pas surprenant que le départ volontaire devienne la solution de facilité », continue Ankur Anand.

Il est temps de revaloriser la profession

Cependant, malgré cette envie de changement, il semblerait que ce ne soit pas dû à la menace que représente l’IA pour leur emploi, à l’augmentation de la charge de travail ou à un manque de ressources au sein de leurs équipes cette année. En réalité, les professionnels de la cybersécurité (48 %) sont les troisièmes moins susceptibles de se sentir menacés par l’IA dans leur recherche d’emploi, après les ingénieurs en firmware/matériel (55 %) et les responsables techniques (58 %). Les trois principaux métiers de la Tech se sentant le plus menacés par l’IA sont : l’assurance qualité/Tests, l’IA et apprentissage automatique et, enfin, des bases de données.

« Si les entreprises veulent réduire leur exposition aux risques et réagir plus rapidement en cas d’incident, elles doivent considérer les talents en cybersécurité comme une compétence stratégique : valorisée, visible et soutenue par la direction, conclut Ankur Anand. Les entreprises qui y parviendront ne se contenteront pas de fidéliser leurs meilleurs éléments ; elles instaureront également un climat de confiance avec leurs clients, les autorités de régulation et leur propre conseil d’administration. »