Près de 60 % des projets de migration SAP accusent des retards et des dépassements de budget

Fin du support d’ECC en 2027. Tout bientôt, donc. Or, selon ISG, la moitié des entreprises choisissent de ne pas repenser leurs processus lors de la mise à niveau critique de leur ERP. Les migrations seront difficiles

Retards et dépassements de budget. En cause, une sous-estimation de la complexité. Les entreprises autorisent une extension du périmètre sans même prendre en compte leurs contraintes internes.

L’étude The State of SAP Migration, menée auprès de 200 décideurs de grandes entreprises internationales révèle également que moins d’une entreprise sur cinq réimplémente les processus et technologies SAP lors de la migration vers la plateforme la plus récente, S/4HANA. Près de la moitié (49 %) effectuent peu ou pas de refonte, préférant préserver les processus et les données existants.

Le document apparaît alors que les utilisateurs de SAP sont confrontés à la date limite de support d’ECC, l’ancienne plateforme ERP encore utilisée par des milliers d’entreprises parmi les plus importantes au monde. Fin 2027, le support standard prendra fin, tandis qu’un support étendu, moyennant une majoration de 2 %, sera disponible jusqu’à fin 2030. SAP a également évoqué une autre option de support au-delà de 2030, à condition que les clients souscrivent à ses offres de migration avant cette date.

Migration sans enthousiasme

Selon les données de Gartner, 39 % des 35 000 clients ECC de SAP dans le monde n’avaient pas encore migré au quatrième trimestre 2024, près de dix ans après le lancement de S/4HANA en 2015…

Pourtant, la majorité des grandes entreprises peinent encore à respecter leurs budgets et leurs échéanciers de migration vers S/4HANA.

A entendre Michael Dornan, Principal Analyst, ISG, même pour la simple migration de leurs processus existants vers une nouvelle plateforme, « les entreprises ont du mal à élaborer un plan et à s’y tenir. »

Certaines entreprises tentent une migration rapide, un « lift-and-shift » aussi simple et économique que possible. Ce groupe sous-estime souvent la complexité, l’étendue et les contraintes de la tâche. Elles subissent également des dérives de périmètre et des modifications des exigences au fur et à mesure. Nombre de retards sont imputables à des facteurs humains, et non nécessairement à la technologie.

Trop de « sur-personnalisation »

Selon l’étude, 34 % des organisations optent pour une migration « brownfield ». 18 % souhaitent adopter une stratégie « greenfield », en intégrant les processus standardisés dans l’approche « clean core » privilégiée par SAP. Près de la moitié, cependant, combinent les deux approches, une stratégie dite « bluefield ».

En cause, et l’étude le montre, plus de la moitié des personnes interrogées reconnaissent avoir sur-personnalisé leur ERP existant au point que la standardisation représente désormais un risque pour l’entreprise !

« C’est la crainte éprouvée, conclut Michael Dornan. Si l’on standardise, on recommence tout le processus ! De nombreux acteurs de l’entreprise estiment que leur ancien ERP répond à leurs besoins. Evoluer leur semble inutile… »