Entre doutes et passions. Invité du CEO Talks du BECI, Manuel Pallage se livre
Qu’est-ce qu’un CEO ? A chacun sa définition. A chacun son feeling, surtout. Au cours du dernier CEO Talks du BECI, Manuel Pallage a partagé son expérience. Bâtisseur ? Coach ? Les deux, plus la sensibilité.
Il est évidemment question de musique et de football. De Dire Straits aux clubs britanniques, en particulier. Souvenirs de jeunesse, des études. « En Grande-Bretagne, même les plus petits matchs attirent une foule de spectateurs ; c’est impressionnant ! Et qui dit foot, dit champions. Pour moi, un champion c’est quelqu’un qui sort du bois. Et, souvent, là où on ne l’attend pas ! »
Et Manuel Pallage d’ajouter : « Très souvent ce n’est pas le plus expérimenté ou le plus diplômé… NSI doit beaucoup à quelques-uns de ses champions ! » Pour les coacher, il faut impérativement faire fi des pressions extérieurs et internes. Mettre en place des programmes et des cellules de développement, mais, surtout, garder l’esprit « out of the box ».
C’est le premier take away de ce CEO Talks. En 2015, se souvient le CEO de NSI, une des activités manque de consultants et de moyens. Un certain Luc, venu de l’extérieur, remplit toutes les cases pour développer cette structure. Aujourd’hui, il gère 450 personnes ! Autre champion, « sorti des bois », Fabrice. Il arrive avec une nouvelle technologie. Coaché et libéré, le résultat est immédiat : 11 millions d’euros !
Comme dans une famille, on dit les choses…
NSI est né voici 32 ans, avec NOSHAQ comme actionnaire depuis les tout débuts, puis CEGEKA en 2008. Et un défi : devenir leader francophone du marché IT ! « A la base, il y avait 23 fondateurs. Il a fallu attendre pas mal d’année pour arriver à une tribu de 200 collaborateurs -c’était en 2010. Le groupe est aujourd’hui présent à Bruxelles avec 500 personnes, 500 en Wallonie, 600 au Luxembourg, 200 en France et, dernièrement, en une année, nous sommes passés de 19 à 32 collaborateurs au Canada pour un CA total de 260 millions EUR ! »
Dans l’introduction de ce CEO Talks, Thierry Geerts, CEO, BECI, a bien insisté sur la culture de NSI, bien différente des hyper-structures comme les GAFAM. NSI, a-t-il précisé, devient « un partenaire structurel, une pépite du service, comme Bruxelles en a besoin. »
Les talents ne peuvent qu’être animés par une culture qui se doit d’être en phase avec le personnel. C’est un autre take away. « NSI est organisé comme une famille : on dit les choses, mais on reste toujours solidaires ! Dans les acquisitions de sociétés, j’ai toujours vérifié que l’entreprise candidate ait cette culture proche de la nôtre. » Et d’ajouter : « La célébration des succès fait partie de cette culture et très souvent elle est basée sur l’intelligence collective. »
Quant aux actionnaires, il en faut des bons et solides. Pour Manuel Pallage, ce n’est pas qu’une affaire d’argent. « Pour NSI, ce sont NOSHAQ et CEGEKA, 10.000 personnes dans 19 pays ! »
Transformer de l’énergie négative en énergie positive
Un groupe, une culture. Et un CEO. « Pour moi, un CEO, c’est le baromètre de l’entreprise. En même temps, humainement, c’est la solitude dans les choix. » Ce qui amène la discussion sur la notion de doute. « Le doute est un ami à cultiver, à apprivoiser. Il aide à arriver aux bonnes décisions… parfois, c’est vrai, au sortir d’une mauvaise nuit. »
Que fait le CEO ? Il passe son temps à transformer de l’énergie négative en énergie positive. « 30% de com ; 30% de gestion des égos et de préparation de réunions importantes ; 30% de visites clients, partenaires, sites de l’entreprise… et 10% de gestion des situations complexes. »
Croissance, chère croissance…
Plus les rencontres. Manuel Pallage anime sur son profil LinkedIn une rubrique musicale hebdomadaire en partageant deux morceaux de groupes à découvrir. « Cette rubrique musicale m’a permis de casser les codes, d’humaniser ma fonction, de donner une vraie authenticité et de favoriser de nombreuses rencontres parfois improbables ! »
Une part de rêve, en somme. Ce qui a introduit la question de la croissance : peut-elle être éternelle ? Pour Manuel Pallage, elle est nécessaire, impérieuse même. « Même en période creuse, il faut croître. C’est vital. Donc, même 1 ou 2%… c’est déjà de la croissance. Dans cinq ans, NSI aura encore grandi, notamment par de nouvelles acquisitions en France, au Luxembourg. Nous sommes n°2, donc pourquoi pas n°1 ? Et puis, nous avons notre projet canadien à développer… »

