Claude Cowork promet de transformer radicalement notre rapport au travail quotidien
Capable d’automatiser des tâches juridiques et commerciales complexes, Claude Work d’Anthropic remet en question le modèle économique des géants du logiciel et des services. Première conséquence : un choc sur les marchés financiers
Vous passez la moitié de votre temps de travail à répondre aux e-mails, organiser des fichiers ou planifier votre journée ? Anthropic vient de frapper un grand coup avec Claude Cowork qui promet de transformer radicalement notre rapport au travail quotidien.
Dans Cowork, explique Anthropic, l’utilisateur donne à Claude l’accès à un dossier de son choix sur son ordinateur. Claude peut alors lire, modifier ou créer des fichiers dans ce dossier. Il peut, par exemple, réorganiser les téléchargements en triant et renommant chaque fichier, créer un nouveau tableau Excel avec une liste des dépenses à partir d’une pile de captures d’écran, ou produire un premier brouillon de rapport à partir de vos notes éparpillées…
La promesse est simple, mais redoutablement efficace : démarrer des tâches, les vérifier… et elles sont faites ! L’outil fonctionne de manière asynchrone en arrière-plan, exactement comme si un assistant personnel ultra-compétent qui ne dort jamais avait été engagé.
Un assistant qui prend l’initiative
La véritable puissance de Claude Cowork réside dans sa capacité à se connecter à l’écosystème numérique de l’utilisateur : Google Calendar, Gmail, Notion… L’outil peut récupérer les événements du jour, analyser les e-mails prioritaires et même mettre à jour les bases de connaissances.
Les copilotes du passé répondaient simplement à des invites ou des questions. Cowork fournit un assistant d’opérations numériques qui prend l’initiative, intégrant les opérations numériques et aidant les utilisateurs à organiser les fichiers, nettoyer les boîtes de réception et gérer les dossiers. Cowork peut même écrire du code pour automatiser ces tâches.
Claude Cowork agit comme un bibliothécaire autonome, proposant une méthode structurée d’organisation de fichiers pour vos dossiers. Il peut travailler à générer des rapports à partir de notes éparses, synthétiser des documents ou créer des feuilles de calcul.
Cowork déploie également des workflows en plusieurs étapes pour faciliter les tâches de bureau numériques, une action similaire à la délégation de tâches à un assistant
Pas une correction, mais une remise en question
Pourtant, les experts en technologie et en milieu de travail voient plusieurs signaux d’alarme avec Cowork, principalement liés à la « normalisation » de l’action autonome alimentée par l’IA avant que les entreprises n’aient compris la responsabilité dans le monde réel. Il y a donc un faux sentiment de sécurité.
Jusqu’ici, l’IA était vendue comme un « copilote » augmentant l’humain. Désormais, le message est que l’IA n’est plus au service des opérateurs historiques, elle est leur remplaçante. Cette bascule pourrait transformer des actifs stratégiques -bases de données, interfaces métiers- en commodités obsolètes. C’est précisément ce qui fait vaciller certaines valeurs de la vieille Tech à Wall Street. Ce n’est plus une correction, mais une remise en question de la rente qui a dominé l’économie numérique pendant quinze ans.

